• Une belle découverte !

    Issu d’une famille aisée, Romain a tout pour être heureux. Pourtant, tous les soirs, il échappe à la surveillance de ses parents pour se rendre à la Cour des Miracles. Sur cette île, les individus jugés « anormaux » par la Police de la Norme sont parqués. En effet, depuis que les Lois de l’Église ont été entérinées, toute personne présentant une difformité, une maladie, une cicatrice, un souci mental et/ou un comportement dit « déviant » est jetée à la rue par sa famille par peur des représailles. La Cour des Miracles est alors son dernier refuge.

    Cette petite routine s’installe, jusqu’au jour où Romain découvre que d’odieuses personnes souhaitent aller plus loin et voir les habitants de l’île disparaître. Définitivement. N’écoutant que son courage, et pouvant compter sur l’aide de ses amis, Romain va tout mettre en œuvre pour déjouer les plans machiavéliques avant qu’il ne soit trop tard.

    David Bry nous offre une belle uchronie qui pousse le lecteur à s’interroger sur les dangers de l’uniformisation de la société. Car c’est bien ce qui se passe dans ce roman. L’Église cherche à créer un peuple lisse et docile en écartant toutes les personnes différentes ou qui osent penser différemment. Le rejet de l’autre, de la différence et la discrimination sont des sujets qui ont une place centrale dans cet ouvrage. L’auteur les traite avec intelligence et sensibilité. En effet, on ne le voit pas arriver avec ses gros sabots pour nous faire la morale… Au contraire, il nous donne toutes les pièces du puzzle et laisse le lecteur faire ses propres déductions.

    Romain est un personnage intéressant à suivre. Il est courageux, voire même un peu trop téméraire. Mais il y a aussi en lui une certaine vulnérabilité qui le rend plus humain, et donc touchant. Les personnes qui l’accompagnent dans cette aventure sont tout aussi uniques et attachantes.

    En conclusion, je suis ravie de cette lecture. "Le Garçon et la Ville qui ne souriait plus" est une uchronie aussi captivante qu’intelligente.