Les Lumières d'Oujda

Les Lumières d'Oujda

Marc Alexandre Oho Bambe

Calmann-Lévy

  • par (Libraire)
    15 septembre 2020

    Conseillé par Stéphanie, Manon R et Rémy

    "Les lumières d'Oujda", le nouveau roman de Marc Alexandre Oho Bambe, porte l'empreinte du slameur : une grand humanisme et un goût prononcé pour la poésie.
    Le narrateur, camerounais, a tenté sa chance à Rome, vivant de petits boulots et petits trafics mais alors que son âme de poète pensait enfin avoir trouvé l'amour de sa vie, la réalité vient briser son rêve. Le voilà contraint de retourner à la case "départ" ou plutôt "retour au pays".
    Le jeune homme vit ce retour forcé comme un échec. Honteux de revenir alors que sa famille l'avait aidé financièrement. "Partir, revenir, devenir. Revenir à tout, à soi. Devenir soi-même sinon rien", voilà ce que se dit le narrateur. Heureusement il a une grand-mère dans sa vie : merveilleuse Sita. Pour sortir de l'ombre et trouver la lumière c'est au Maroc que ses pas vont le mener. Auprès du Père Antoine et de ses "fugees" (réfugiés), auprès d'Imane aussi. Notre homme va se nourrir de ces rencontres et revenir à la vie. Il y a une belle histoire donc, si humaine, et puis il y a la langue. Envoûtante, poétique, lumineuse, la plume de Marc Alexandre Oho Bambe est si belle...


  • 3 septembre 2020

    immigration

    Ce roman est ensorcelant : si vous le commencez, vous ne pourrez plus le lâcher tant la langue de l’auteur est envoûtante.

    Entre poésie et forme qui colle au récit : le départ des migrants, leurs routes, leurs séparations, leur mort parfois.

    Après avoir tenté l’aventure à Rome, le héros est rapatrié au Cameroun, son pays natal. En quête de sens, porté par l’amour de Sita, sa grand-mère, il s’engage dans une association qui lutte pour éviter les départs « vers les cimetières de sable et d’eau ».

    Au Maroc, il rencontre le père Antoine, qui accueille des réfugiés, et Imane, dont il ne lâchera plus la main.

    J’ai tout aimé dans ce livre : le style particulier mais captivant au rythme particulier ; l’histoire du narrateur qui tente de convaincre ses compatriotes de ne pas partir ; le père Antoine qui accueille les migrants pour une halte dans leur route ; les rares mais percutantes fenêtres sur des parcours de migrants (les fugees comme ils sont appelés).

    J’ai aimé la voix de la grand-mère qui se rappelle à l’oreille du narrateur.

    J’ai aimé que l’auteur place dans son texte des titres de chansons ou de roman, au milieu d’une phrase.

    J’ai aimé les leitmotivs du roman : Sourire est la seule preuve de notre passage sur terre /

    Personne.

    Ne fuit.

    Le bonheur. /

    La mort

    N’arrête pas

    La vie /

    L’image que je retiendrai :

    Celle des ponts que les acteurs de terrain bâtissent pour aider Elles et Ils (les fugees).

    https://alexmotamots.fr/les-lumieres-doujda-marc-alexandre-oho-bambe/