Où vivaient les gens heureux

Joyce Maynard

Philippe Rey

  • Conseillé par (Libraire)
    29 décembre 2021

    Un très beau personnage féminin !

    Alors que j'avais tout juste entamé la lecture de ce roman, je pressentais que les 490 pages qui suivraient les 52 lues seraient à la hauteur de mes espérances et ça a été le cas !
    Le sujet est pourtant extrêmement ténu : les aspirations d'une adolescente, Eleanor, devenue orpheline, et la réalisation de celles-ci, sachant que ce qu'elle veut construire est un foyer heureux tout en vivant de son art. Pas d'aventures au bout du monde ni de multiples partenaires incroyables, non, rien de tout cela. Joyce Maynard arrive à nous captiver en racontant l'histoire très simple d'une femme qui est tout autant mère de famille, qu' épouse amoureuse et artiste. Mais la vie peut-elle n'être qu' un long fleuve tranquille ?
    Les personnages qui composent cette famille américaine atypique par bien des aspects vont chacun à leur manière changer la donne et faire exploser ce cadre idyllique qui, à bien y regarder, ne l'a jamais été tout à fait. Il faudra des années et beaucoup de recul à Eleanor pour qu'elle s'en aperçoive et que les conflits en elle s'apaisent.
    Eleanor est un très beau personnage romanesque. La vie ne lui fait pas de cadeau à commencer par les parents qu'elle a vu s'attribuer par Dame Nature.
    Ses espoirs, son courage pour éviter que sa famille ne sombre, son abnégation en font une femme forte et faible à la fois, pleine d'une fragilité intérieure.
    Le style fluide de Joyce Maynard est extrêmement agréable et on veut suivre jusqu'au bout Eleanor. Beaucoup de joie mais aussi de tristesse dans cette histoire qui m'a bien remuée.
    L' auteure brosse un portrait de la "Middle class" américaine, avec ses rituels, son hypocrisie, sa bien-pensance de façade et c'est aussi ce qui rend ce roman aussi bon.
    A lire aussi de la même auteure : "Long week-end" et "Les filles de l'ouragan"


  • Conseillé par
    24 juillet 2022

    famille, Etats-Unis

    J’ai aimé la première partie de ce roman : celle de l’enfance et l’adolescence difficiles d’Eleanor ; sa vie de jeune femme autrice à succès ; la vie qu’elle se créée dans la vieille ferme qu’elle a choisi.

    J’ai aimé ses bonhommes-bouchons fait avec ses enfants, les promenades le long de la rivière pour y déposer les bonhommes au printemps ; sa volonté d’accoucher chez elle de chacun de ses 3 enfants.

    Et puis survient le drame, et Eleanor part en vrille, ne sachant que faire de sa colère.

    Et à partir de ce moment, les bonhommes-bouchons ont commencé à me peser. Une seconde partie un peu trop noire, sans doute.

    Une lecture en demi-teinte, donc, à l’image de la vie avec ses hauts et ses bas.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de crazyland : quand Eleanor pète un câble, elle dit qu’elle fonce à crazyland.