Conseils de lecture

Darktown
9,80
par (Libraire)
7 septembre 2020

Un auteur américain à découvrir séance tenante!

Si vous êtes amateur de romans noirs et de polars ou tout simplement de littérature américaine, je ne peux que vous recommander la lecture des deux premiers titres traduits en français à ce jourde l'excellent Thomas Mullen, "Darktown" et " Temps Noirs".
L'action se passe en 1948 à Atlanta (ville où demeure l'auteur) dans le premier tome. Le maire est obligé de recruter des policiers noirs suite aux avancées obtenues par les luttes pour les droits civiques. Mais ces 8 hommes, relégués dans un sous-sol humide loin du commissariat, doivent se contenter de faire des rondes (exclusivement à pied et de nuit) uniquement dans les quartiers noirs de la ville; ils n"ont pas le droit d'enquêter et sont confrontés au racisme violent de leurs "collègues" blancs.
Mullen va s'intéresser en particulier à deux de ces policiers noirs, Lucius Boggs et Tommy Smith, duo qui va bien fonctionner car ils ont un tempérament et une histoire familiale tout à fait opposés qui vont leur permettre d'être complémentaires sur le terrain.
Le contexte (une Amérique où sévissent encore les lois Jim Crow) et les personnages sont richement travaillés et s"inspirent de la réalité ; tensions raciales et corruption font partie du décor. Tout cela donne un roman passionnant. Les deux premiers tomes sont de surcroît fort bien traduits par Anne-Marie Carrière.
Le second tome paru en mars est tout aussi bon et s'intéresse à la surpopulation en 1950 à Atlanta et à l'arrivée de familles noires dans les quartiers blancs. KuKluxKlan, extrême-droite et flics corrompus seront aussi de la partie...
Bref un gros coup de ❤ !


On fait parfois des vagues
17,00
par (Libraire)
1 septembre 2020

Paternité, filiation, génétique, amour... tout cela et plus encore !

Coup de ❤ pour le nouveau roman de Arnaud Dudek !
Il nous avait déjà fait bien tanguer avec "Tant bien que mal"; le voilà qui récidive avec "On fait parfois des vagues" publié par les éditions Anne Carrière.
On retrouve son style délicat et ses phrases courtes qui font mouche et on y découvre, sous la banalité apparente de personnages "sans qualités" des morceaux de vie, d'amour, mais aussi des peines profondes qui pourraient en annihiler plus d'un. Mais Arnaud Dudek aime trop ceux qu'il crée pour les laisser sombrer corps et biens...
On y retrouve aussi son goût pour l'enfance et ce qui peut la malmener, son désir de nous laisser voir l'enfant grandir et se démener.
Un roman qui se lit d'une seule traite et qui est une très belle façon de commencer cette rentrée littéraire !


Le sanctuaire

Les Éditions du Sonneur

16,00
par (Libraire)
27 août 2020

Coup de ❤️ pour le second roman de Laurine Roux publiée par les éditions Sonneur !

RENTREE LITTERAIRE 2020
Une famille vit recluse depuis des années dans une cabane en montagne pour échapper à un virus mortel transmis par les oiseaux. Le père, ancien sculpteur renommé mais au caractère ombrageux, est le seul à aller et venir entre leur lieu de vie isolé de tout où la vie s'est peu à peu organisée et des villes situées dans une zone lointaine; les tâches quotidiennes se répartissent entre lui, sa femme et leurs deux filles adolescentes dont la cadette, Gemma, qui n'a jamais connu "la vie d'avant"; la chasse est l'une des activités favorites de Gemma qui a appris à se fondre dans la nature et n'hésite pas à s'aventurer au-delà de la zone autorisée par son père...
Ce beau roman très court et intense à l'écriture ciselée nous dévoile la psyché de personnages vivant en vase clos et la façon dont la névrose d'un homme peut le conduire au pire; il recèle une chute inattendue qui vous laissera ko !


La saga des Cazalet, Tome 1 : Étés anglais

Tome 1 : Étés anglais

Table Ronde

24,00
par (Libraire)
23 août 2020

Coup de coeur du Moulin des Lettres pour une très belle saga familiale dans l'Angleterre des années 30.

Quelle belle surprise nous ont concocté les éditions de La table Ronde en ce mois de juin (le Covid ayant retardé la parution prévue initialement en mars) avec la traduction du premier volet des affres familiales, amoureuses et financières de la famille Cazalet ! Publié dans les années 90, cette saga n'avait encore jamais été traduite en français.
Nous y suivons la vie d'une famille composée de 3 générations ayant fait fortune avec le commerce du bois exotique. Les grands-parents, les 3 fils et leur soeur ainsi que les nombreux petits-enfants se retrouvent 3 étés de suite en 1937, 38 et 39 dans la maison familiale du Sussex mais on les découvre aussi dans leurs demeures londoniennes. Les interrogations de chacun sur la vie, les mensonges, les travers, les secrets et les lâchetés des uns et des autres, les rapports au sein des couples, le rôle des femmes dans la famille mais également l'importance donnée aux personnages des enfants alimentent finement la narration. L'évolution de chacun d'entre eux tout au long de ces 3 années se mêle à l'évocation de la grande Histoire puisque le roman s'achève avec la déclaration de guerre de l'Angleterre à l'Allemagne le 3 septembre 1939.
L'auteure, Elizabeth Jane Howard, s'est beaucoup inspirée de la vie de sa propre famille pour dépeindre les caractères et la vie de cette bourgeoisie anglaise encore fortement ancrée dans le passé.
Le second volet paraitra dès cet automne...


Le contrat
8,65
par (Libraire)
27 juillet 2020

Quand les auteurs passent de la fiction à la pratique, l'idée peut se révéler être très mauvaise.

Donald Westalke a été publié entre autres par les Éditions Rivages et on le trouve en poche dans la collection "noire" de cette excellente maison : écrivain prolifique (122 titres parus en anglais, on n'est pas au bout de la pile) avec de nombreux pseudonymes, mort malheureusement en 2008, il a été traduit entre autres par Manchette, ce qui d'emblée, vous pose l'auteur.
"Le contrat" ne fait pas partie de la série qui l'a rendu célèbre et dont le personnage principal est Dortmunder, voleur malchanceux entouré de bras cassés.
Deux personnages se répartissent ici les rôles principaux, tous deux écrivains mais avec un statut bien différent. L'un, Bryce Proctorr, est adulé par ses lecteurs et est devenu un auteur incontournable mais totalement en panne d'inspiration quand le roman démarre. L'autre, Wayne Prentice, un ancien camarade de lycée de Bryce, est un auteur qui a eu peu de succès, possède une imagination débordante mais n'arrive plus à se faire publier. L'analyse du monde de l'édition et de la façon dont se font et se défont les auteurs est intéressante et Westlake n'hésite pas à appuyer là où ça fait mal.
Les deux hommes vont se retrouver par hasard après s'être perdus de vue pendant 20 ans et vont fomenter un plan qui permettra à l'un de sauver sa réputation et à l'autre d'empocher un bon paquet d'argent. Mais le "contrat" de Bryce Proctorr, à l'origine du plan, comporte une clause tout à fait particulière: il souhaite que Wayne tue sa femme avec laquelle il est en train de divorcer et qui veut lui soutirer un maximum d'argent à présent et à venir... Proctorr en est tellement malade qu'il n'arrive plus ni à se concentrer ni à rédiger une seule ligne.
Si la cupidité, l'envie et l'absence totale de scrupules caractérisent nos deux coquins, ils ne sont pas les seuls à démontrer de telles qualités.
Le crime aura lieu mais tout cela va donner évidemment lieu à des conséquences inattendues...
Si la veine humoristique pratiquée par Westalke avec Dortmunder n'est pas perceptible ici, le suspense fonctionne et la fin est glaçante !