Des romans ou des essais sur la nature? Quelques suggestions de titres de 'nature writing'. Vous y trouverez nos coups de coeur ...

Des romans ou des essais sur la nature? Quelques suggestions de titres de "nature writing". Vous y trouverez nos coups de coeur ...

Les romans dits de "nature writing" sont la plupart du temps, comme cette dénomination le laisse entendre, traduits de l'américain. Henry David Thoreau est certainement le père spirituel de ce genre littéraire. Mais on trouve aussi parmi les auteurs proposés des Français ou des Italiens, contemporains. Les éditions Gallmeister dominent très largement notre sélection et ce n'est pas étonnant car c'est bien Oliver Gallmeister qui a permis aux lecteurs francophones de découvrir des auteurs comme Edward Abbey ou Pete Fromm...
La défense de la nature et des grands espaces est un des leitmotivs de ces romans. Si vous ne pouvez pas partir pour arpenter l'état du Montana ou gravir les sentiers alpins, suivez-nous à la rencontre de ce genre bien particulier, où la vie dans des espaces sauvages, décrits souvent de manière somptueuse, s'accompagne la plupart du temps d'une découverte de soi, d'une renaissance parfois pour des personnages fracassés par la vie.
Nous ajoutons à notre sélection, forcément partielle, des romans dont le cadre sauvage est au centre du récit et en forme un des personnages essentiels mais qui comportent une bonne dose de suspens et peuvent rejoindre le genre du roman noir voire du polar.
Les éditions suggérées sont en format poche quand elles existent mais vous pouvez trouver ces titres également en format broché.
Les romans peuvent faire partie de notre fonds ou être parus il y a quelques mois comme c'est le cas pour "Denali" de Patrice Gain publié en mai dernier aux éditions Le mot et le reste.
Nous donnons également en référence des essais ou récits de voyage (et une Bd) notamment ceux de H.D. Thoreau, de John Muir, de Bouvier, de Tesson entre autres qu'on ne peut pas oublier dans ces propositions.Bonne lecture!
Laurence

Pèlerinage à Tinker Creek

Dans ce « journal météorologique de l’esprit », Annie Dillard se fait le chroniqueur « d’une vallée des merveilles » de l’État américain de Virginie, où coule la rivière Tinker. Ce journal de l’écrivain solitaire est une splendeur d’écriture poétique, d’observation de la nature, et de réflexion quasi pascalienne sur la place de l’être humain entre infiniment grand et infiniment petit. S’il est une référence littéraire évidente, c’est celle de l’écrivain américain Henry David Thoreau. « La nature, écrit-il dans son journal, est toujours mythique et mystique ; elle consacre tout son génie à la moindre de ses œuvres. » Annie Dillard reprend cette maxime à son compte : elle se livre à une exploration quotidienne et solitaire de son environnement. Elle décrit ainsi certains traits de la vie des mantes religieuses ou de celle des papillons monarque, mais aussi celle des requins, des serpents venimeux, des parasites, leurs prouesses, beautés et déchéances, la violence et la cruauté mortelle de cet univers de prédateurs qui s’entre-dévorent. Mais ce qui fait la beauté souvent bouleversante de ce pèlerinage, c’est la dimension « mythique et mystique » du génie naturel qu’explore Annie Dillard, près de la rivière Tinker, loin de tout rousseauisme mièvre, de tout affadissement romantique de la nature. Recluse volontaire parmi ces créatures, Annie Dillard s’adonne au raccommodage de ce livre ouvert qu’est la création. En effet, si elle se présente en pèlerin, Annie Dillard est aussi, et surtout, un extraordinaire écrivain qui lit la nature comme le fameux livre ouvert écrit par Dieu, tente de déchiffrer ses signes. Dans cette quête, elle cite Van Gogh, le Coran et Thoreau bien sûr, mais aussi entomologistes, astronomes, écrivains et chercheurs, trahissant ainsi avec beaucoup d’humilité une culture et une curiosité immenses qui font de cette double exploration de la vallée Tinker et de l’esprit humain un livre unique.

Annie Dillard est née en 1945 à Pittsburgh. Elle a suivi des études de littérature et de creative writing à l’université de Roanoke en Virginie. Elle a épousé son professeur, le poète R.H. Dillard. En 1968, elle obtient un diplôme de littérature après avoir consacré sa thèse au Walden de Thoreau. Au cours des années qui suivent, elle peint et publie des poèmes et des nouvelles. En 1971, réchappant d’une pneumonie qui a failli lui coûter la vie, elle décide de passer du temps au contact de la nature, à Tinker Creek. Annie Dillard est en effet plus connue pour ses récits de non fiction, notamment Une enfance américaine qui relate son enfance en Pennsylvanie. Elle a également publié des essais, des poèmes, de la critique littéraire et des romans. La nature est toujours au cœur de son travail. Elle a aussi été professeur d’anglais à la Wesleyan University dans le Connecticut. Annie Dillard est actuellement mariée au biographe Robert D. Richardson.

Pèlerinage à Tinker Creek a été couronné par le Prix Pulitzer en 1975.

« Précis drolatique d’entomologie, entreprise mystique, tentative d’abolition de la conscience de soi, Pèlerinage à Tinker Creek relève d’une “littérature des illuminations”, selon le conseil de Jacques Ellul : “Lance-toi dans les profondeurs, et alors tu verras”. » Claire Devarrieux, Libération.

« Ni roman ni essai, c’est une odyssée de tous les sens, un voyage immobile, un retour au fruité du langage, l’œil ouvert sur l’infiniment petit et l’infiniment grand. » Manuel Carcassonne, Le Figaro Littéraire

« Annie Dillard est une grande créatrice d’images. Elle ouvre le grand livre du monde et décrypte ses signes qui sont autant de fulgurances transformant la quête épistémologique en poésie. » Lise Andries, La Quinzaine Littéraire.


Into the Wild
7,50

Toujours plus loin. Toujours plus au nord. Toujours plus seul. Inspiré par ses lectures de Tolstoï et de Thoreau, Christopher McCandless a tout sacrifié à son idéal de pureté et de nature. En 1990, une fois son diplôme universitaire en poche, il offre ses économies à une association caritative et part, sans un adieu, vers son destin. Celui-ci s'achèvera tragiquement au coeur des forêts de l'Alaska...

Jon Krakauer évoque aussi à travers cette échappée belle ceux qui, un jour, ont cherché à quitter la civilisation et à dépasser leurs limites. Magistralement porté à l'écran par Sean Penn, Into the Wild s'inscrit dans la grande tradition du road-movie tragique et lumineux, une histoire aux échos universels.


VOYAGES EN ALASKA

Muir John

Payot

9,65

Dans les forêts de Sibérie

Pour rassasier son besoin de liberté, l'auteur a trouvé une solution radicale : s’enfermer seul dans une cabane en pleine taïga sibérienne, sur les bords du Baïkal, pendant six mois. De février à juillet 2010, il a choisi de faire l’expérience du silence, de la solitude, et du froid. Sa cabane, construite par des géologues soviétiques dans les années brejnéviennes, est un cube de rondins de trois mètres sur trois, chauffé par un poêle en fonte, à six jours de marche du premier village et à des centaines de kilomètres d’une piste.

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«Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché de vivre dans la lenteur et la simplicité. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à l'existence. Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si la richesse revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence - toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.»
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Prix Médicis de l'essai 2011.