PRIX DU MOULIN DES LETTRES 2020

Voici la sélection des titres, tous parus en 2019. Le jury s'est réuni le 10 juin dernier; après une soirée passionnante de discussions et d'argumentation, il a fini par choisir le roman de l'allemande Alina Bronsky qui succède ainsi à celui d' Alaa El Aswany, "J'ai couru vers le Nil".
Les deux romans qui ont été choisis ensuite et sont arrivés ex aequo sont "San Perdido" (qui vient de sortir en poche) et "La maison allemande" qui ont remporté également un grand succès. J'ai chroniqué certains titres, vous pourrez lire ces chroniques sur le site.
Bonne découverte et belles lectures!

Alina Bronsky

Actes Sud

17,50

Une trentaine d'années après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, les alentours de la centrale désaffectée se repeuplent clandestinement : Baba Dounia, veuve solitaire et décapante, entend bien y vieillir en paix. En dépit des radiations, son temps s'écoule en compagnie d'une chaleureuse hypocondriaque, d'un moribond fantasque et d'un centenaire rêvant de convoler en justes noces. Jusqu'à l'irruption de deux nouveaux résidents, qui va ébranler cette communauté marginale. D'une plume à la fois malicieuse et implacable, Alina Bronsky jette un éclairage captivant sur les tracas de la vie collective, l'expérience du grand âge et les enjeux de l'énergie nucléaire.


8,40

Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panamá aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n'a pour seul talent apparent qu'une force singulière dans les mains.
Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes et des opprimés et deviendra le héros d'une population jusque-là oubliée de Dieu.

Un grand livre romanesque gorgé de souffle, d’aventure, de cœur, de sensualité et de dépaysement. Une histoire comme on n’en écrit pas assez aujourd’hui. Bernard Lehut, RTL.

Un premier roman qui caracole avec enthousiasme au milieu d’un décor rutilant. Christine Ferniot, Télérama.

Du plaisir à l'état pur. Nicole Grundlinger, Motpourmots.fr.


23,00

Best-seller dès sa parution, immédiatement traduit dans de nombreux pays, «La Maison allemande» nous fait éprouver le traumatisme et la révolte d'une génération qui a eu vingt ans dans les années soixante et s'est trouvée confrontée au refus de mémoire dans l'Allemagne de l'après-guerre.

L'héroïne du roman, Eva, ?lle des propriétaires d'un modeste restaurant de Francfort-sur-le-Main, s'apprête à se ?ancer avec un jeune héritier de la ville quand débute le "second procès d'Auschwitz" (1963) où doivent être jugés les crimes des dignitaires nazis. Eva a suivi des études d'interprète, elle maîtrise la langue polonaise : le tribunal la contacte pour lui proposer d'assurer, durant les audiences, la traduction instantanée des dépositions que feront les survivants du camp.

Ignorant tout de ce passé, bravant les vives réticences de ses propres parents et celles de son ?ancé, Eva décide de suivre son instinct et d'accepter cette mission.

S'ouvre alors devant elle le long chemin d'une prise de conscience qui engage sa famille, mais qui concerne également toute la société de son temps.

Porté par un regard de cinéaste et mené tambour battant, ce roman captive par sa justesse, son e?cacité, son empathie avec une jeune femme en pleine construction de son individualité, dans un pays où la reconnaissance du passé engage profondément l'avenir.


21,00

Ils sont une poignée, Ceux qui partent, au cœur de la foule qui débarque du bateau sur Ellis Island, porte d’entrée de l’Amérique et du XXe siècle. Jeanne Benameur orchestre cette ronde nocturne où chacun tente de trouver la forme de son propre exil et d’inventer dans son corps les fondations de son pays intime. Où l’arrachement se fait libération – envol.
Où l'auteur de Profanes et des Demeurées signe son premier grand roman américain.


21,80

Hiver 1956. Dans les Ardennes, François, un jeune homme de vingt-deux ans, s’enfonce dans la neige, marche vers les bois à la recherche d’un village. Croisant une voie ferrée qui semble désaffectée, il grimpe sur un wagon oublié… Quelques heures plus tard une enfant découvre François à demi mort – corps en étoile dans la poudreuse, en partie calciné.
Quel sera le destin de ce blessé dont les médecins pensent qu’il ne survivra pas ? À quelle épreuve son corps sera-t-il soumis ? Qu’adviendra-t-il de ses souvenirs, de son chemin de vie alors que ses moindres gestes sont à réinventer, qu’il faut passer du refus de soi au désir de poursuivre ?

Murène s’inscrit dans cette part d’humanité où naît la résilience, ce champ des possibilités humaines qui devient, malgré les contraintes de l’époque – les limites de la chirurgie, le peu de ressources dans l’appareillage des grands blessés –, une promesse d’échappées. Car bien au-delà d’une histoire de malchance, ce roman est celui d’une métamorphose qui nous entraîne, solaire, vers l’émergence du handisport et jusqu’aux Jeux paralympiques de Tokyo en 1964.