Librairie coiffard

La cuillère

Héricourt, Dany

Liana Levi

19,00
par (Libraire)
15 septembre 2020

Conseillé par Marie-Laure, Manon R, Célia et Stéphanie

Pembrokeshire, Pays de Galles, années 1980. Le lecteur sera reçu dans un charmant hôtel tenu par une non moins charmante famille, quoique légèrement loufoque. Seren, jeune fille de 18 ans est passionnée par le dessin mais reste assez indécise quant à son avenir. Toute sa vie vole en éclats lorsque décède son père, ce qui laisse comme un « terril » en elle. Sur la table de nuit du défunt, elle remarque une cuillère qu’elle n’avait jamais vue. Elle décide alors de retracer l’histoire de cet objet insolite. A bord de la Volvo héritée de son père, la voici sur les routes de France. Enquête sur sa famille mais surtout en quête d’elle-même, vous l’aurez compris, nous sommes dans un roman d’apprentissage. La cuillère comme catalyseur (pensez à la Cuillère d’André Breton) mais aussi la cuillère qui sert à mélanger le thé, tout un symbole pour Dany Héricourt qui est en partie anglaise. Un premier roman assez fantaisiste qui m’a parfois rappelé L’Hôtel New Hampshire de John Irving.
Article rédigé par Marie-Laure Turoche pour le magazine Page des libraires

Des baisers parfum tabac
21,00
par (Libraire)
15 septembre 2020

Conseillé par Marie-Laure

Le livre s’ouvre sur cette phrase : « Mon père, James Witherpoon, est bigame. » Dana est l’enfant illégitime. Sa mère, Gwen, est une très belle femme qui partage donc son mari avec Laverne qui elle, ignore tout. Laverne a également une fille, Chaurisse qui a seulement 4 mois de différence avec Dana. Elles vivent dans la même petite ville et se croisent souvent. La première partie a pour narratrice Dana. Elle raconte les sacrifices qu’elle doit faire au profit de sa demi-sœur et comment elle et sa mère sont en quelque sorte fascinées par cette autre famille. La deuxième partie montre une Chaurisse loin de la petite fille gâtée à laquelle on pourrait s’attendre. A nouveau, Tayari Jones décrit la classe moyenne noire du sud des Etats-Unis. Mais il s’agit surtout de faire le portrait de ces femmes qui se retrouvent à la merci des conventions et des hommes. Deux jeunes filles qui à défaut d’être sœurs auront été les meilleures ennemies.
Article rédigé par Marie-Laure Turoche pour le magazine page des libraires

Ce que je ne veux pas savoir
16,50
par (Libraire)
15 septembre 2020

Conseillé par Marie-Laure

Ce que je ne veux pas savoir est le premier tome d’une vaste entreprise autobiographique que Deborah Levy nomme Living Autobiography. Dans cette première partie, nous allons suivre l’autrice dans un hôtel à Majorque. Travail d’introspection d’abord, réflexions sur son statut d’écrivain mais aussi de femme ; elle convoque ses modèles comme Georges Sand qui a d’ailleurs séjourné dans la même ville avec Frédéric Chopin. Elle s’interroge notamment sur la maternité, citant Marguerite Duras, Adrienne Rich ou Julia Kristeva. On pense aussi beaucoup à "Une chambre à soi" de Virginia Woolf. Puis, on va quitter cette chambre pour l’Afrique du sud où Deborah Levy a passé ses premières années. Son père, militant de l’ANC, a longtemps été emprisonné. Ils ont ensuite fuit en Angleterre. Un premier tome captivant dans lequel l’autrice nous parle de l’importance de parler fort, surtout lorsqu’on possède une petite voix, surtout lorsqu’on est une femme.

Article rédigé par Marie-Laure Turoche pour le magazine Page des libraires

Ce que je ne veux pas savoir est le premier tome d’une vaste entreprise autobiographique que Deborah Levy nomme Living Autobiography. Dans cette première partie, nous allons suivre l’autrice dans un hôtel à Majorque. Travail d’introspection d’abord, réflexions sur son statut d’écrivain mais aussi de femme ; elle convoque ses modèles comme Georges Sand qui a d’ailleurs séjourné dans la même ville avec Frédéric Chopin. Elle s’interroge notamment sur la maternité, citant Marguerite Duras, Adrienne Rich ou Julia Kristeva. On pense aussi beaucoup à "Une chambre à soi" de Virginia Woolf. Puis, on va quitter cette chambre pour l’Afrique du sud où Deborah Levy a passé ses premières années. Son père, militant de l’ANC, a longtemps été emprisonné. Ils ont ensuite fuit en Angleterre. Un premier tome captivant dans lequel l’autrice nous parle de l’importance de parler fort, surtout lorsqu’on possède une petite voix, surtout lorsqu’on est une femme.

Saturne
18,00
par (Libraire)
15 septembre 2020

Conseillé par Marie-Laure

Le livre s’ouvre sur la mort de son père, Harry, il a 34 ans et toute sa famille est réunie autour de lui. Avant de rendre son dernier souffle, il écrira ces deux mots sur une ardoise : « ma femme, ma fille ». A ces deux mots, Sarah Chiche lui répondra par ce texte. On suit le parcours d’une puissante famille de médecins qui a fait fortune dans les cliniques. Comment deux frères que tout oppose vont devoir porter le poids de cet héritage. Mais Saturne c’est aussi une magnifique histoire d’amour, celle entre Harry et Eve, femme fantasque racontée dans les Enténébrés, et celle entre une petite fille et un père qu’elle n’a jamais connu. Saturne fait aussi le récit d’une profonde dépression qui a enfermé la narratrice dans ses ténèbres pendant 2 ans et demi. Un livre introspectif mais aussi très cinématographique, ce qui n’est pas anodin quand on connaît la passion de l’autrice pour le 7e art.
Livre du deuil, de la mélancolie et de l’amour passion, Sarah Chiche nous raconte sa descente aux enfers mais aussi sa renaissance. Un livre pour retrouver ses morts, un livre pour retrouver la vie et l’écriture comme passerelle entre deux mondes.

Article rédigé par Marie-Maure Turoche pour le magazine Page des libraires

Les Lumières d'Oujda
par (Libraire)
15 septembre 2020

Conseillé par Stéphanie

"Les lumières d'Oujda", le nouveau roman de Marc Alexandre Oho Bambe, porte l'empreinte du slameur : une grand humanisme et un goût prononcé pour la poésie.
Le narrateur, camerounais, a tenté sa chance à Rome, vivant de petits boulots et petits trafics mais alors que son âme de poète pensait enfin avoir trouvé l'amour de sa vie, la réalité vient briser son rêve. Le voilà contraint de retourner à la case "départ" ou plutôt "retour au pays".
Le jeune homme vit ce retour forcé comme un échec. Honteux de revenir alors que sa famille l'avait aidé financièrement. "Partir, revenir, devenir. Revenir à tout, à soi. Devenir soi-même sinon rien", voilà ce que se dit le narrateur. Heureusement il a une grand-mère dans sa vie : merveilleuse Sita. Pour sortir de l'ombre et trouver la lumière c'est au Maroc que ses pas vont le mener. Auprès du Père Antoine et de ses "fugees" (réfugiés), auprès d'Imane aussi. Notre homme va se nourrir de ces rencontres et revenir à la vie. Il y a une belle histoire donc, si humaine, et puis il y a la langue. Envoûtante, poétique, lumineuse, la plume de Marc Alexandre Oho Bambe est si belle...