Librairie coiffard

Libertalia

Marcastel, Jean-Luc

Gulf Stream

12,90
par (Libraire)
9 octobre 2020

Coup de coeur de Coralie et Caroline

En 1789, Henri a 12 ans et grandit à Nantes. Le commerce triangulaire est à son apogée et la ville nantaise est un port de grande importance. Henri, Luigi et Maugette, fratrie d'adoption, vadrouillent à travers la ville et se nourrissent de petits larcins.
Le roman s'ouvre sur une course poursuite à travers la ville, entre les enfants et les pêcheurs auxquels ils ont dérobé des morues. Tout à coup, dans une venelle, les voilà confrontés à la vision fugitive d'un chat énorme et noir comme la nuit !
Malgré leur frayeur, cet animal sauvage va pourtant les sauver de leurs poursuivants.
Après cette rencontre, ils ne sont pas au bout de leurs surprises quand ils découvrent, cachée dans un recoin, une jeune fille effrayée. Et pour cause, elle est noire et vient de s'échapper d'un des navires négriers arrivé au port.

Commence avec pour la petite troupe une rencontre avec la grande Histoire, une épopée qui va les faire grandir et les confronter à la réalité de cette époque si importante pour comprendre notre monde aujourd'hui.

"Libertalia" de Jean-Luc Marcastel, c'est l'aventure par excellence, l'amitié, les rires et les apprentissages sous toutes leurs formes ! C'est un petit bonheur de lecture pour les plus jeunes (et pour les autres aussi !).

Requiem pour une apache
20,00
par (Libraire)
24 septembre 2020

Conseillé par Manon R, Célia et Rémy

Tout commence dans un hôtel un peu miteux tenu par le dénommé Jésus. Les pensionnaires ont tous un point en commun : ils savent ce qu'est l'humiliation. Parce qu'ils sont trop grands, trop petits, trop gros ou trop maigres, trop ceci et trop cela. Certains sont rejetés, d'autres incompris. Et puis un jour arrive Jolene. Jolene est une femme révoltée, elle devient rapidement leader de cette drôle d'équipe, laquelle va vite attirer l'attention de la police et de la presse.
"Requiem pour une Apache" nous plonge dans le quotidien de cet hôtel à l'image d'une cour des miracles moderne. Gilles Marchand fait vivre ses personnages avec humour mais aussi avec une grande tendresse. Une lecture au rythme entraîné d'un fabuleux jukebox, toujours avec une écriture poétique dont seul Gilles Marchand a le secret.

Un roman Rock'n'Roll, un véritable hymne à la différence !

Louvre

Guillois, Josselin

Points

7,10
par (Libraire)
22 septembre 2020

Conseillé par Agathe

Avec "Louvre" nous suivons l'histoire entremêlée de trois femmes, en France, entre 1939 et 1945. D'un point de vue extérieur on pourrait croire que ces trois femmes sont toutes différentes les unes des autres mais un élément les rapproche : elles possèdent chacune un lien privilégié avec le même homme : Jacques Jaujard. Alors qui est-il ce Jacques Jaujard ? Il fut directeur des Musées Nationaux au moment de la Seconde guerre mondiale, et c'est cet homme qui orchestra le déplacement de pratiquement toutes les œuvres du Louvre. Il les dissémina ainsi aux quatre coins de la France pour les cacher afin d'éviter qu'elles ne tombent aux mains des allemands, afin d'éviter aussi qu'elles ne deviennent de vulgaires trophées de guerre. Parmi ces trois il y a la femme de Jacques, qui, malgré cette invasion allemande qui se profile, rêve d'avoir un bébé. Sa passion amoureuse pour cet homme est telle qu'elle ne désire qu'une seule chose : avoir un morceau de vie de son mari grandissant en elle. Il y a aussi la nièce de Jacques Jaujard, obligée de passer son adolescence au milieu des œuvres cachées par son oncle dans le château de Chambord, au bord de la Loire. Et puis il y a Jeanne Boitel, actrice reconnue qui pourtant cessa toute activité théâtrale après le début de la guerre et s'enrôla dans la résistance, plus particulièrement dans la protection des œuvres d'art. L'importance de l'art quel qu'il soit est donc au cœur de ce roman qui multiplie les références aux œuvres et à leurs auteurs. On ne résiste pas à l'envie de poser le livre pour chercher l'image de la peinture ou de la sculpture donnée en description. Il y a d'un côté « l'importance de l'art », puis de l'autre l'importance de l'humain également. Malgré cette guerre qui avance et grignote peu à peu du territoire, malgré la peur, la famine et l'angoisse, les sentiments et les émotions sont toujours présents. Malgré l'importance de leurs missions, ces trois femmes nous touchent par leurs inquiétudes qui semblent futiles mais non pas moins humaines. Elles sont aussi la preuve vivante, avec les personnages qui gravitent autour d'elles, que l'espoir est encore permis et que la guerre n'est peut-être pas encore perdue.

La fabrique des salauds
par (Libraire)
22 septembre 2020

Conseillé par Agathe et Marie-Laure

Avec pourtant plus de 800 pages d'Histoire avec un grand H, la synopsie de ce roman pourrait tenir en une seule phrase. Au milieu des années 70, deux hommes partagent une chambre d’hôpital. Ces deux hommes vont mutuellement faire connaissance puis l’un des deux va entreprendre de raconter l’histoire de sa vie à son compagnon de chambre. Jusqu’ici tout semble normal, voire basique pour un début de roman, excepté le fait que l’homme qui va écouter est un hippie sûr de ses convictions pacifiques et spirituelles et que l’homme qui lui fait le résumé de sa vie, Koja, est un ancien nazi. Voilà, nous y sommes. Avec cette dernière information vous devriez être suffisamment intrigués pour avoir envie de lire ce livre. Très dense et bien que long à lire, "La fabrique des salauds" est un de ces livres qui se savoure et se lit minutieusement. Et il faut bien 800 pages à Koja, pour raconter chacune des subtilités des choix qu’il a pu faire, souvent malgré lui, au cours de sa vie. Il aborde de nombreux thèmes en parlant de sa famille notamment de son père qui lui a donné le goût de l’Art, de son grand frère, toujours considéré comme supérieur dans toutes les catégories, et qui deviendra par la suite un nazi exemplaire, et de son amour d’enfance devenue sa sœur adoptive, Eve. La construction de cet homme passera également par le fait de grandir avec des origines allemandes dans le sang dans ce pays régi par des valeurs russes qu’était la Lettonie de l'époque. Durant tout sa jeunesse il fut d'ailleurs victime de persécutions avec sa famille. Et il y a bien entendu la montée du nazisme et le devoir de choisir un jour un camp. Toujours un camp. Pour survivre, pour sauver sa propre vie ainsi que celle de ses proches. Bien évidemment la plupart de ces choix, même justifiés, ne sont pas pardonnables et Koja en a conscience lorsqu’il déballe toute sa vie à son voisin de lit hippie. Et malgré l’horreur grandissante, présente sur le visage de ce dernier, Koja continue son récit qui est pour lui comme une sorte d’exutoire. "La fabrique des salauds" est donc, en plus d’un roman historique très détaillé, un témoignage sur l’amour parfois inconditionnel et aveugle que l’on porte à ses proches, sur la guerre et la façon dont elle transforme les âmes, même les plus pures, le tout saupoudré de missions rocambolesques et de personnages variés et nuancés. En résumé : un roman d’humanité et de déshumanité auquel on s’accroche jusqu’à la toute dernière page.

La cuillère

Héricourt, Dany

Liana Levi

19,00
par (Libraire)
15 septembre 2020

Conseillé par Marie-Laure, Manon R, Célia et Stéphanie

Pembrokeshire, Pays de Galles, années 1980. Le lecteur sera reçu dans un charmant hôtel tenu par une non moins charmante famille, quoique légèrement loufoque. Seren, jeune fille de 18 ans est passionnée par le dessin mais reste assez indécise quant à son avenir. Toute sa vie vole en éclats lorsque décède son père, ce qui laisse comme un « terril » en elle. Sur la table de nuit du défunt, elle remarque une cuillère qu’elle n’avait jamais vue. Elle décide alors de retracer l’histoire de cet objet insolite. A bord de la Volvo héritée de son père, la voici sur les routes de France. Enquête sur sa famille mais surtout en quête d’elle-même, vous l’aurez compris, nous sommes dans un roman d’apprentissage. La cuillère comme catalyseur (pensez à la Cuillère d’André Breton) mais aussi la cuillère qui sert à mélanger le thé, tout un symbole pour Dany Héricourt qui est en partie anglaise. Un premier roman assez fantaisiste qui m’a parfois rappelé L’Hôtel New Hampshire de John Irving.
Article rédigé par Marie-Laure Turoche pour le magazine Page des libraires