Laurence G.

Libraire à Epinal depuis 2013.

Actes Sud

28,00
par (Libraire)
15 décembre 2018

Un roman noir qui plonge dans les racines du Mississipi et de ses meurtres racistes...

Dans la famille du « Ku Klux Klan », craignez plus encore les « Aigles Bicéphales » !
C’est au début de l’imposant roman de Greg Iles (1050 pages, deux autres tomes vont suivre) qu’on apprend à quelle occasion ce groupuscule (inventé par l’auteur mais inspiré par le « Silver Dollar Group ») se constitue en 1964, émanation du KKK en pire.
Le rêve de ces types de Natchez, Mississipi, ville natale de Iles, est de descendre Martin Luther King et Bob Kennedy, en tout cas de faire mieux que ce KKK qu’ils trouvent désormais ringard et mou. Violence, haine et vengeance sont les ressorts de ce roman noir qui se situe dans ce vieil Etat ségrégationniste.
Un saut dans le temps nous ramène dans les années 2000. Les « Aigles bicéphales » ont certes vieillis mais restent bien accrochés à leur morale immonde ; ils continuent à entretenir des relations autour d’ un juteux trafic de méthamphétamine.
Un petit groupe de personnages va cependant essayer de les faire tomber, famille fort sympathique qui a tous les attributs d’une famille américaine très conventionnelle : Tom Cage, le père, médecin aimé par ses patients et respecté par la communauté de Natchez, Penn, son fils, ancien procureur devenu maire de cette même ville, et Caitlin, la compagne de Penn, journaliste carriériste héritière d’un empire de la presse. Ils vont chacun à leur façon essayer de résoudre l’assassinat de l’ancienne infirmière noire du docteur Cage, Viola Turner. Ce meurtre se révélera avoir des implications beaucoup plus larges et va réveiller de vieilles histoires liées à la disparition du frère de Viola dans les années 60 ainsi que celle de deux de ses compagnons, jamais tirées au clair.
Greg Iles vit à Natchez et connaît bien le passé de sa ville. Tout en écrivant un roman qui répond aux critères du polar, il rend hommage au travail d’un journaliste local, Stanley Nelson, sous les traits du personnage de Henry Sexton qui s’acharne lui aussi à trouver les auteurs de crimes racistes jamais élucidés.
Sans temps mort, ce roman à l’architecture complexe vous emmène au fin fond de l’Amérique sudiste d’hier et d’aujourd’hui.

Steidl

38,00
par (Libraire)
15 décembre 2018

Un recueil de photos en noir et blanc du grand Saul Leiter

Saul Leiter, photographe new-yorkais disparu en 2013, a été très longtemps photographe de mode mais ce sont ses photos beaucoup plus personnelles en couleurs ou en noir et blanc qui me touchent énormément. Il a photographié son quartier pendant plus de 20 ans en adoptant souvent un cadrage inhabituel, s'attachant aux silhouettes plus qu'aux hommes. Souvent nimbés de brume ou sous une pluie fine, les personnages vont et viennent dans une atmosphère tranquille.Ce n'est pas la frénésie de la grande ville qu' il souhaite évoquer mais des rencontres fugaces qui pourraient devenir des situations de départ d'une histoire à écrire. Reflets, perspectives baroques, utilisation de la couleur, jeux de transparence, tout concourt à rendre unique et d'une extrême sensualité sa vision de sa ville. Le livre "In my room" est un choix de photos prises au contraire chez lui, en lumière naturelle, de femmes qu'il a côtoyées. Là encore beaucoup de sensualité et de douceur dans ces portraits pris sur le vif; on pense alors à Bonnard représentant Marthe nue. Correspondances et affinités d'artistes du sensible.

Le Cherche Midi

22,00
par (Libraire)
6 septembre 2018

Un incontournable de la rentrée littéraire 2018

Le roman de Richard Powers est mon gros coup de coeur en littérature étrangère: des personnages extrêmement attachants dans un roman choral puissant sur l'engagement; Richard Powers nous rappelle combien est urgent le devoir de nous préoccuper du sort de la planète et de ses écosystèmes. J'attendais avec impatience les exemplaires commandés, ils sont arrivés et se trouvent désormais en bonne place, prêts à conquérir beaucoup d'autres lecteurs cet automne!

21,00
par (Libraire)
1 août 2018

Un roman cruel et brillant

Martin Gilmour est un jeune étudiant peu sûr de lui mais brillant. Il n'a pas connu son père et sa mère l'éduque avec peu de moyens à sa disposition. Il intègre un lycée prestigieux grâce à ses résultats scolaires et va y rencontrer un jeune homme de bonne famille à qui tout réussit, Ben Fitzmaurice. Une amitié improbable va naître entre ces deux adolescents, amitié qui va se poursuivre après leurs études. Est-ce là tout? Bien sûr que non! Les auteurs anglais excellent à décortiquer les travers les plus noirs de l'homme. Ils savent disséquer avec élégance l'hypocrisie et le cynisme de la haute société anglaise; Elisabeth Day se montre à la hauteur et nous offre un roman cruel et construit avec brio, le récit étant confié à deux narrateurs dont l'analyse des faits ne concorde absolument pas, ce qui rend le roman d'autant plus intéressant. Envie, jalousie, égoïsme, rapport de classe constituent les moteurs de cette histoire: à découvrir absolument!

19,00
par (Libraire)
22 mars 2018

Un très bon premier roman policier qui remue le passé depuis Nancy

Un nouvel auteur, Eric Todenne, a réussi à piquer notre curiosité dès les premières pages de son premier polar paru chez Viviane Hamy il y a quelques jours.
Mais peut-être devrais-je écrire « nouveaux auteurs » car il semble que ce roman ait été écrit à quatre mains.
Quoiqu’il en soit, le duo de flics de la brigade criminelle de Nancy, le lieutenant Philippe Andreani et son coéquipier, Couturier, s’avère des plus sympathiques.
Nous cueillons Andreani au réveil dans un état plus ou moins comateux ; il est suivi par une psy après avoir utilisé son arme à mauvais escient lors d’une mission de surveillance et se trouve en congé d’office jusqu’à ce que le médecin décide qu’il pourra reprendre le travail. Il n’en perd pas pour autant sa curiosité pour les cas louches et lorsque sa fille, en service civique dans un Ehpad, lui apprend qu’un résident est mort et qu’il n’avait pas de numéro de Sécurité sociale, cela lui semble tout de même fort étrange. Le cas se corse quand elle lui dit qu’il avait un numéro de code tatoué dans le cou. S’ensuit une enquête qui fera resurgir des histoires vieilles de 70 ans, liées à l’Algérie. Le duo va devoir plonger dans le passé et dans des dossiers qui ont une fâcheuse tendance à être classés « Secret Défense ».
Que ce soit du côté des personnages principaux ou secondaires, tous crédibles et attachants, ou du côté de l’enquête elle-même, les auteurs ont su donner une âme à leur histoire. Andreani, grand amateur de jazz (un hommage à Harry Bosch ?), reste le personnage central que l’on aura beaucoup de plaisir à retrouver, on l’espère, très prochainement…