Laurence G.

TAQAWAN

Quidam Édition

20,00
par (Libraire)
5 février 2018

Un petit bijou noir, original et plein d'humour

Gros coup de coeur pour ce roman plein d'empathie pour un peuple amérindien du Québec en survie, les Mig'maq. L'auteur part d'un fait divers survenu en 1981, l'interdiction aussi soudaine qu'incompréhensible pour ce peuple d'utiliser des filets pour la pêche au saumon -droit ancestral- énoncé par le ministre de la chasse et de la pêche en place. Eric Plamondon nous fait découvrir alors le quotidien des habitants de la réserve de Restigouche. L'alternance de courts chapitres narratifs d'une part et descriptifs du milieu naturel et des coutumes des amérindiens d'autre part est une trouvaille qui aiguise l'appétit du lecteur tout au long du roman. Si le sujet est profondément dramatique côté fiction, avec ses quatre personnages principaux bien campés, la partie "documentaire" est pétrie d'humour et de jeux de mots, créant un décalage avec le reste. L'écriture alerte et sans pathos nourrit la tension qui monte en puissance tout au long de ce roman. Un petit bijou original de cette rentrée littéraire hivernale!"

LA CANTINE DE MINUIT 2

Abe Yaro

Lezard Noir

18,00
par (Libraire)
23 janvier 2018

Un manga intimiste sur les habitants de Tokyo

Une petite gargote d'un quartier populaire de Tokyo peut devenir un lieu propice aux rencontres, c'est en tout cas ce que nous démontre Yarô Abe dans les deux tomes parus en France grâce au travail des éditions Le Lézard Noir. Et quand ce restaurant n'est ouvert que de minuit (d'où le titre) à 7h du matin, alors forcément la clientèle n'est pas tout à fait celle que vous rencontrez dans la journée.
Un seul plat au menu (mais la possibilité que le chef vous concocte ce que vous avez envie de manger s'il a les ingrédients nécessaires) n'empêche pas les travailleurs de la nuit de fréquenter ce lieu. Chaque chapitre porte le nom d'un plat demandé par un client et sur le rythme soutenu de deux pages = 1 nuit et 1 épisode, le lecteur découvre un pan de la vie des Tokyoïtes. Prostituées rentrant se coucher, Yakuzas, flics, artistes de cabaret... se retrouvent au hasard des nuits pour déguster l'un de leurs plats favoris; ils nouent dans ce lieu de passage des brins de conversation qui peuvent se transformer en brins de vie, certains repartant bras dessus bras dessous; des confidences émergent avec l'arrivée de l'aube. C'est avec beaucoup de tendresse pour ses personnages et un dessin sobre mais très efficace que Yarô Abe nous emmène dans le Japon populaire d'aujourd'hui. C'est aussi un hommage à la cuisine japonaise, celle de tous les jours et à laquelle les Japonais vouent un vrai culte.
On a adoré ces deux tomes qui ont par ailleurs donné lieu au Japon à une série télévisée.

Emma G. Wildford

Soleil

22,95
par (Libraire)
16 décembre 2017

Un très beau portrait de femme dans l'Angleterre corsetée des années 20

Voici un coup de coeur pour un très beau roman graphique à offrir; il met en scène une jeune anglaise, poétesse et amoureuse d'un explorateur auquel elle est fiancée mais qui ne donne plus de nouvelles depuis une année, date à laquelle il est arrivé en Laponie. Persuadée qu'il est encore en vie et qu'il a besoin de son aide, n'en pouvant plus d'attendre, elle décide de partir sur ses traces...
Un très beau portrait de femme éprise d'absolu, indépendante et volontaire qui va s'émanciper dans une Angleterre corsetée et pétrie de règles morales rigides. des années 1920.
Le dessin d'Edith est superbe, plein de poésie.

Freaks' squeele / Rouge : intégrale
19,90
par (Libraire)
28 octobre 2017

Une très belle intégrale pour un Comics de haute volée

Rayon COMICS: gros coup de coeur pour "Rouge" de Florent Maudoux et Sourya à la couleur!
Voici fraîchement arrivée la superbe intégrale de "Rouge", qui nous fait découvrir la jeunesse de Xiong Mao, l'une des héroïnes de la série "Freaks Squeele" écrite et dessinée par le talentueux Florent Maudoux. Pleine de jeunes super-héros, cette aventure au format Comics (que l'on peut lire sans avoir lu par ailleurs "Freaks Squeele") fait la part belle à la psychologie des personnages mais aussi à l'action grâce à des rebondissements et à des traîtrises de toutes sortes. On y découvre l'enfance de Xiong Mao, fille d'un puissant parrain de la mafia chinoise; elle fait la connaissance à l'école de Sélène et elles vont découvrir qu'ensemble leurs pouvoirs sont décuplés ...De l'humour et des sentiments également pour une histoire à dévorer et peut-être un futur cadeau de Noël, pour ados et adultes!

Jeu blanc
par (Libraire)
25 septembre 2017

Un roman puissant et douloureux sur le sort réservé aux enfants Ojibwés au Canada

Après « Les étoiles s'éteignent à l'aube » paru en 2016, nous sommes à nouveau transportés au Canada et c'est l'histoire des enfants Ojibwés tout autant que la sienne que va relater Saul Indian Horse, une histoire pleine de douleurs et de violence envers son peuple. Réfugié dans un centre de désintoxication, Saul se doit de raconter sa vie s'il veut reprendre le chemin sans l'aide de l'alcool. Il va prendre la plume et remonter le cours du temps.
Le récit démarre fin des années 50, en Ontario, quand Saul est encore un jeune enfant. Les temps sont toujours durs pour la communauté ojibwée qui tente de maintenir ses traditions malgré le travail de sape des blancs. Resté seul, ses parents, sa sœur et sa grand-mère disparus, l'enfant de 7 ans est placé dans un pensionnat pour jeunes Indiens comme il en existe alors des dizaines au Canada. L'auteur fait clairement allusion ici à la « rafle des années 60 » - en anglais « sixties scoop » -, terme utilisé pour désigner la politique gouvernementale qui permit d'arracher de leur famille des milliers d'enfants sous prétexte de les éduquer. Ces enfants devaient y suivre les préceptes des églises catholique et anglicane qui y oeuvraient en accord avec le gouvernement fédéral, leur but étant d'éradiquer la culture indienne en interdisant aux enfants de parler leur langue et de maintenir vivante leur culture.
Saul sera l'un des ces enfants mais son parcours va être particulier car il va découvrir le hockey sur glace, sport national pour lequel il se montre exceptionnellement doué. Il s'accroche à la pratique sportive comme à une bouée de sauvetage et c'est le hockey qui va lui permettre de sortir du pensionnat.
On retrouve ici la même puissance d'évocation que dans le livre précédent. Wagamese nous fait partager les affres de son personnage mais sait également décrire la beauté somptueuse de la nature canadienne. Il fait ressentir la violence et le racisme de la société canadienne envers les peuples autochtones mais aussi l'amitié et l'entraide que Saul va trouver parmi les siens; son histoire appartient en fait à la mémoire collective canadienne. Un roman superbe de « rédemption » et « d'espoir » comme l'a décrit l'auteur lui-même.