Laurence G.

Les Adeptes

Johnsrud, Ingar

Robert Laffont

21,00
par (Libraire)
26 février 2018

Une nouvelle série norvégienne et une secte pas catholique!

Par très très grand froid et alors que les vacances vous laissent des heures de farniente chaque jour, que peut-on faire si ce n'est plonger dans un bon gros roman (conseillé par votre libraire, bien sûr) ?
Au rayon Policiers, après l'islandaise Yrsa Sigurdadottir et son "Adn" dont je vous parlais il y a quelques jours -publié chez Actes Sud- je viens de découvrir un auteur norvégien qui, j'en suis sûre, vous plaira: Ingar Johnsrud, publié en France par les éditions Robert Laffont dans l'excellente collection "La bête Noire".
Deux enquêtes du commissaire Fredrik Beier sont déjà disponibles en français, le premier épisode venant tout juste de sortir en poche, intitulé "Les adeptes". Notre commissaire traîne une blessure douloureuse, au propre comme au figuré, et sa hiérarchie ne lui fait plus vraiment confiance. Il va cependant être amené à enquêter sur une secte dont les raisons d'être ne collent pas vraiment avec les préceptes de l'Eglise que ses membres sont censés défendre... Un très bon polar et un commissaire auquel on s'attache rapidement.

ADN
23,00
par (Libraire)
22 février 2018

Une nouvelle série islandaise au rayon Polar!

Voici mon dernier coup de coeur, tout frais, rayon Policiers:
"ADN" de l'auteure Yrsa Sigurdardottir ravira les lecteurs et lectrices de polars venus du grand Nord. L'action se passe en Islande et un inspecteur novice, Huldar, va se voir confier la tâche difficile de retrouver un meurtrier en série qui, non content de torturer ses victimes, laisse derrière lui de mystérieux messages cryptés. Huldar va être aidé, au-delà de l'équipe du commissariat, d'une jeune femme, psychologue pour enfants. Un excellent thriller et le premier d'une série à venir jusqu'à nous.

Ne préfère pas le sang à l'eau
par (Libraire)
14 février 2018

Un roman d'anticipation pour parler de notre société contemporaine et de ce qui constitue l'Homme

Lorsque nous avions lu les deux premiers romans de cette auteure, déjà publiés par Viviane Hamy, nous avions été immédiatement saisis d'une part par l'efficacité d'une langue ciselée et d'autre part par les thèmes abordés : l'enfance maltraitée dans « Et je prendrai tout ce qu'il y a prendre » et le combat de femmes africaines qui essayent de se relever, prenant les armes à leur tour après avoir subi des viols durant la guerre civile ravageant leur pays dans « Des femmes qui dansent sous les bombes ». L'écriture a été à chaque fois un choc, d'une puissance incroyable et qui nous a subjugués.
Ce troisième roman est une fable et aborde un tout autre sujet sous l'allure du roman d'anticipation. Le thème principal rejoint cette fois des préoccupations écologiques: le manque d'eau a réduit la Terre à un désert et pousse un peuple à migrer cherchant à survivre en allant là où l'eau est encore canalisée et stockée, dans un pays imaginaire nommé « Cartimandua ».
Apparaissent en toile de fond des problèmes d'éthique et de morale. En effet, le manque d'eau a engendré un comportement de plus en plus autoritaire chez le Président de Cartimandua qui décide de priver peu à peu la population de droits essentiels dont celui de la liberté d'expression ; il envoie les opposants au fin fond des geôles de l'Etat et une dictature s'instaure ainsi, prenant appui sur les solutions qu'il apporte au manque d'eau pour asseoir son despotisme.
Plusieurs personnages entremêlent les points de vue: une fillette, un jeune graffeur croupissant en prison pour avoir tagué les murs de la ville de slogans revendicatifs, une mère désespérée, un traître pris au piège de sa propre trahison...
Si le roman est peu épais, il aborde outre les deux thèmes déjà cités, celui des migrants et du poids de la culpabilité qu'on leur fait souvent endosser, celui de la puissance des mots et de l'écriture, celui du choix, celui de la fragilité de notre planète que nous continuons à maltraiter.
C'est un très beau texte que nous offre l'auteure, forte de la volonté de faire réfléchir
sur l’humain et ce qui le constitue.

Les Vaisseaux Frères
par (Libraire)
14 février 2018

Un roman superbe sur la recherche de ses origines dans un Bangladesh miné par la pauvreté

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas Tahmima Anam, voici une occasion de le faire grâce à la belle traduction de son troisième roman. Ce livre permet aussi de découvrir le Bangladesh, peu mis à l'honneur dans la littérature.
Le lecteur va découvrir l'univers et les pensées d’un superbe personnage féminin, Zubaïda, paléontologue achevant sa thèse à Cambridge, grâce à une lettre qu'elle adresse à un américain, Elijah. On apprend qu'elle doit repartir au Bangladesh, après une mission de fouilles au Pakistan qui échoue. Elle doit se marier, selon la coutume, à un homme à qui elle est promise depuis longtemps. Mais ses interrogations sur ce qu’elle laisse aux Etats-Unis, sur ses origines puisqu'elle sait avoir été adoptée, et sur son statut de femme mariée une fois la cérémonie passée, ne cessent de la tourmenter.

Un second récit va s'enchâsser alors dans ce premier niveau de la fiction, celui d'un homme, Anwar, ouvrier dans le plus grand port de la côte bangladaise,Chittagong, où le travail consiste à désosser des navires en fin de vie dans des conditions extrêmes.
Les deux personnages vont se révéler être liés par leurs histoires personnelles. Acceptant en effet d'être traductrice auprès d’une anglaise réalisant un reportage sur ce port, Zubaïda va rencontrer Anwar et celui-ci va lui révéler des éléments de son passé.

Tahmima Anam sait captiver son lecteur ; nous la suivons facilement dans les méandres des réflexions de son personnage principal. Le livre pose des questions essentielles qui rejoignent la réalité sociale du Bangladesh et notamment la difficulté des femmes à choisir la façon de mener leur vie dans une société patriarcale qui nie tout simplement cette possibilité. Le roman est aussi l'occasion de décrire de façon aiguë et réaliste l'extrême pauvreté dans le sous-continent indien, celle d'adultes et d'enfants qui gagnent leur vie à la journée en louant leur corps pour des sommes dérisoires.
L'auteure développe aussi de façon intimiste ses interrogations sur les erreurs qu'une vie entière ne peut réparer et sur le passé qui vous rattrape, inévitablement.

Taqawan

Quidam Édition

20,00
par (Libraire)
5 février 2018

Un petit bijou noir, original et plein d'humour

Gros coup de coeur pour ce roman plein d'empathie pour un peuple amérindien du Québec en survie, les Mig'maq. L'auteur part d'un fait divers survenu en 1981, l'interdiction aussi soudaine qu'incompréhensible pour ce peuple d'utiliser des filets pour la pêche au saumon -droit ancestral- énoncé par le ministre de la chasse et de la pêche en place. Eric Plamondon nous fait découvrir alors le quotidien des habitants de la réserve de Restigouche. L'alternance de courts chapitres narratifs d'une part et descriptifs du milieu naturel et des coutumes des amérindiens d'autre part est une trouvaille qui aiguise l'appétit du lecteur tout au long du roman. Si le sujet est profondément dramatique côté fiction, avec ses quatre personnages principaux bien campés, la partie "documentaire" est pétrie d'humour et de jeux de mots, créant un décalage avec le reste. L'écriture alerte et sans pathos nourrit la tension qui monte en puissance tout au long de ce roman. Un petit bijou original de cette rentrée littéraire hivernale!"