Laetitia .

Roman

Joëlle Losfeld

23,00
par (Libraire)
16 février 2022

Ode à la simplicité, "L'arche de lumière" donne envie de tout quitter pour vivre en accord avec soi-même

Eva Fitzgerald a 40 ans passés lorsqu'elle quitte son mari et démarre une nouvelle vie. Nous sommes en Irlande, au milieu du XXème siècle; il n'est pas encore question de divorce et cette décision reste largement incomprise.
Dans cette Irlande conservatrice, réactionnaire, Eva peine à s'adapter: elle est libre, artiste, et douée d'une empathie débordante. Sa soif de découverte et de rencontres la mène de Dublin au Kenya, en passant par le Maroc ou encore l'Espagne, où elle s'essaie au métier d'écrivain.
Elle met fin à ses pérégrinations lorsqu'elle rentre en Irlande pour tenter d'apporter son soutien a son fils qui subit encore de plein fouet une société qui n'a pas encore décriminalisé l'homosexualité .

Eva est une grande optimiste, qui met un point d'honneur à voir le meilleur en toute personne et toute chose. Elle possède une force de vie incroyable et une grande capacité de résilience lui sera bien utile face aux deuils qui s'annoncent.

À travers ses personnages, l'auteur Dermot Bolger dépeint un passage de l'histoire de la société Irlandaise, qu'il place dans la marche de l'histoire mondiale.

La construction du roman nous permet de nous concentrer sur les moments clés de la vie d'Eva, qui a réellement existé... Et qu'il est bon de savoir qu'une personne si inspirante et si simple puisse exister! Nul doute qu'elle méritait un roman, et il est heureux que ce soit Dermot Bolger (et sa fine plume), qui ait croisé sa route et ait accepté cette responsabilité.

23,00
par (Libraire)
25 janvier 2022

Surprenant et envoûtant

Nous débutons notre lecture avec un couple new-yorkais d'âge mur. Il y a encore beaucoup de tendresse et d'amour entre eux, même si la lecture nous fait ressentir un passé houleux juché de non-dits. Ils sont dans un train, en direction d'un pays où la neige recouvre tout. Mais ce voyage n'est ni de plaisir, ni d'affaire: ils ont traversé océans, mers et montagnes pour saisir leur seule et dernière chance d'avoir un enfant.
Mais dès lors qu'ils arrivent au fin fond de ces terres, l'atmosphère devient de plus en plus étrange: ils semblent être arrivés à la frontière entre rêve et réalité.
Malgré ces désagréments, le couple réussit malgré tout à atteindre l'hôtel (au nom difficilement prononçable – Borgarfjaroasysla Grand Imperial Hotel). Les résidents de l'Hôtel sont tous très hauts en couleurs: on y trouve une femme sans âge, au glamour Hollywoodien, un jeune barman bilingue qui rêve d'ailleurs sans réussir à partir et aime raconter des mensonges, un homme d'affaire fantasque et inquiétant ainsi qu'un guérisseur réputé. Les salles de bain sont roses, du carrelage au plafond. Et dans tout cela, ce couple cherche à faire le point et à aller de l'avant... Mais le temps passe, l'adoption semble compromise, et les protagonistes venus chercher sérénité et quiétude se retrouvent face à eux-mêmes.
"Ce qui arrive la nuit", c'est la remise en question, l'angoisse irréelle d'une existence bien réelle. C'est un livre auquel il est difficile de rendre justice en le résumant simplement car tout se passe entre les lignes, dans les questions qu'il pose, les réflexions qu'il propose et les réponses que nous y trouvons. Les personnages, bien que fantasques, sont terriblement attachants et nous avons envie de les accompagner dans leur quête à la lisière entre réalité et fantastique.
L'écriture de Peter Cameron et la traduction qu'en fait Catherine Richard-Mas est tout simplement sublime. Le lyrisme sert magnifiquement la philosophie que l'on trouve au sein de ce roman, qui ne manquera pas de vous bouleverser.
Nous ne pouvons que vous encourager à vous plonger dans cet univers enneigé, froid et chaleureux à la fois.

20,00
par (Libraire)
18 octobre 2021

Un roman initiatique plein d'humour, de philosophie, et de rebondissements.

Martha et Betty, amies de longue date et à la quarantaine toute fraîche, entreprennent un voyage insolite. En effet, Kurt, père longtemps absent de la vie de Martha, souhaite partir en Suisse pour y passer ses derniers jours et demande à sa fille de l'y conduire.
En cours de route, des secrets vont être révélés, et les décisions qui en découlent bouleversent leur road-trip.
De Hanovre à Léfkes, en passant par Bellegra et Rome, nous suivons avec plaisir et émotion les aventures de ces femmes en quête de vérité.
Un roman initiatique plein d'humour, de philosophie, et de rebondissements.

24,20
par (Libraire)
7 septembre 2021

Une photo mystérieuse, un groupe d'ami qui vole en éclats, la quête d'identité d'une femme qui ignore tout de la jeunesse de sa mère... Partez à Cuba pour découvrir cette grande histoire/

Alors qu'elle se rend à son travail, Adela est surprise par un appel téléphonique provenant de sa mère, Loreta. Celle-ci est bouleversée par la mort imminente de son cheval, mais sous cette douleur sincère, Adela ressent une autre faille, un non-dit, mais elle n'a pas le temps de creuser...
Quelques jours plus tard, elle remarque sur le profil Facebook de Clara, la mère de son conjoint, une photo qui attire son regard. Clara y est représentée entourée d'amis avec une légende indiquant « Le Clan – Cuba, 1990 ». Une personne attire son regard : une jeune femme enceinte prénommée Elisa. Adela croit y reconnaître sa mère, qui a quitté Cuba vingt-cinq ans auparavant.
De nombreuses questions se posent alors : Elisa et Loreta peuvent-elles être les mêmes personnes ? Pourquoi Loreta déteste-t-elle tant son pays d'origine ? Comment et pourquoi est-elle partie ? Et surtout, nous lecteurs, nous allons essayer de décortiquer l'événement qui a fait exploser le groupe d'amis, peu de temps après que la photo soit prise. Pour répondre à ces questions, nous allons entrer dans la vie de chacun de ces amis : nous allons interroger leur passé, leur vie ensemble et leur vie actuelle pour comprendre comment chaque ficelle, chaque instant, a pu avoir un impact sur leurs choix.

Roman ample et foisonnant, radiographie de Cuba et de la jeunesse cubaine des années 60 à aujourd'hui, Poussière dans le vent est un roman tendu. En effet, Leonardo Padura, déjà connu pour ses romans et ses polars, sait parfaitement doser les révélations et disséminer les indices pour nous tenir en haleine. Au-delà de l'aspect politique et historique, Poussière dans le vent est surtout un grand roman sur l'amitié, nous nous sentons incroyablement proches des personnages et nous sommes finalement reconnaissant d'avoir pu partager leur intimité.

Roman

Joëlle Losfeld

21,00
par (Libraire)
7 septembre 2021

Comment faire respecter ses droits... Lorsque nous n'en avons pas?

"Des milliers de lunes" est considéré comme la suite du roman Des jours sans fin. Donc si vous l'avez déjà lu, vous aurez la joie de retrouver McNulty, Cole et Winona. Mais pas d'inquiétude ! Si ce n'est pas le cas, vous pouvez les découvrir avec ce roman.

Winona, jeune indienne lakota, est à la porte de ses dix-huit ans. Elle vit avec le traumatisme de sa famille sauvagement assassinée sur ordre gouvernemental, lors de la guerre de sécession. La mémoire de sa mère guerrière et de ses sœurs continue de l'accompagner pour en faire une jeune femme forte, intrépide et intègre. Dans ce grand malheur, elle a eu la chance d'être recueillie par les Irlandais Thomas McNulty et John Cole, et évolue dans leur ferme, accompagnée par Tennyson et Rosalee Bouguereau, esclaves affranchis. Ils forment une grande famille mais ils sont vus comme des marginaux. Ils tentent de vivre aussi paisiblement que possible, sans faire de vagues, mais tout en gardant la tête haute face aux brimades, à la pression, et aux insultes. Ils savent se tenir sur une corde raide car leurs droits sont sinon inexistants, tout du moins extrêmement modestes. De sang amérindien, Winona, elle, n'a aucun droit. Aux yeux de la loi et du peuple, Winona n'est pas une citoyenne. Même si elle a un travail, elle reste pour eux une sauvageonne bonne à rien. Au mieux une mignonnette. Mais en grandissant elle va chercher à prendre un peu plus de place, à demander le respect. Même si elle reste prudente, elle souhaite découvrir le monde et s'affranchir de la case dans laquelle on l'a jetée. Mais un soir, elle va être sauvagement agressée. Elle se souvient de peu de choses, mais cet événement va irrémédiablement révéler les tensions qui subsistent depuis la fin de la guerre de sécession. Peu à peu, les postes administratifs d'autorité sont pourvus par des Américains sudistes et suprémacistes... Cette grande famille voit alors leur équilibre précaire s'effondrer...

Une fois de plus, Sebastian Barry met son écriture fine et lyrique au service de ces personnes qui n'ont que rarement voix au chapitre. Sa grande sensibilité révèle le meilleur comme le pire de l'âme humaine, et dévoile toute l'ambivalence qui peut exister au sein d'un même être humain. Il pose également la question de la transmission des cultes et de la tradition lorsque nous sommes seul dépositaire de la culture d'un peuple anéanti, détruit, annihilé.