Annesophie B.

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chroniqueuse littéraire à temps complet.

L'expérience
21,00
9 décembre 2019

Un roman qui ne laissera personne indifférent.

En 1953, Ned Sweeney, publicitaire New Yorkais, teste (bien malgré lui) du MDT-48, une drogue mise au point dans la continuité du programme MK Ultra.

En quelques minutes, il se retrouve emporté dans un tourbillon de sensations plus fortes les unes que les autres. La plus formidable d’entre elles étant sa capacité à entendre, comprendre et analyser tous les sujets auxquels il se trouve confronté.

Soixante ans plus tard, Ray Sweeney, le petit-fils de Ned, travaille à son compte dans l’analyse et le traitement de données pour certains politiques ou entreprises.

Au cours de l’une de ses missions, il va rencontrer un ancien politicien pour le moins énigmatique qui lui apprendra que son grand-père ne s’est pas suicidé comme tout le monde l’a toujours cru.

L’alternance des chapitres nous permet donc de suivre d’un côté Ned et les expériences qu’il vit grâce au MDT, et de l’autre Ray et son enquête pour découvrir ce qui est véritablement arrivé à son aïeul.

L’écriture est vive, le rythme idéalement soutenu, que l’on soit en 1953 ou en 2014.

Le lecteur pourra donc tout autant apprécier l’une ou l’autre des deux histoires, voire les deux, tant on ressent l’attrait de l’auteur pour cette thématique (auteur à qui l’on doit d’ailleurs « Champs de Ténèbres », le roman qui a inspiré le film Limitless).

Personnellement ce sont les chapitres avec Ned Sweeney qui m’ont le plus emportée, même si j’ai également beaucoup aimé l’enquête.
Sûrement parce que, confrontée au même dilemme, j’aurais sans hésitation fait les mêmes choix que lui.
Comment ne pas succomber à une substance capable de faire fonctionner notre cerveau quasiment à 100% de ses capacités ?

Qui plus est, si l’enquête de Ray est très bien menée et racontée, les ressentis de Ned sous MDT sont eux absolument captivants.

Un roman qui va très vite et très loin, et qui emporte sans difficulté le lecteur à la suite de Ned, dans sa recherche constante de nouvelles connaissances.

J’aurais préféré que ce roman soit un tout petit peu plus long, afin d’avoir une fin un peu moins abrupte. Mais ça reste excellent même ainsi.

À découvrir !

Mensonge, Aime-moi. Confie-toi. Mais ne me crois pas.

Aime-moi. Confie-toi. Mais ne me crois pas.

Fayard/Mazarine

21,90
9 décembre 2019

Un thriller original sur la forme et sur le fond.

Deux ans après « La Fille d’Avant », qui avait connu un beau succès, l’auteur nous offre donc un nouveau thriller, que j’ai pour ma part préféré au précédent.

Claire, étudiante passionnée, paye ses cours de théâtre grâce à un travail pour le moins original : elle « teste », pour le compte d’un cabinet d’avocats, des maris soupçonnés d’infidélité.
Pour elle ce travail n’est qu’un rôle comme un autre, et les épouses sont plutôt satisfaites de ses résultats.
Du moins jusqu’à ce que la femme de Patrick, la dernière cliente de Claire, soit retrouvée assassinée dans la chambre d’hôtel où elle était venue lui faire son compte-rendu...
Qui a pu tuer cette femme ?
Que viennent faire Les Fleurs du Mal là-dedans ?
Et qui, de Patrick ou Claire, se joue de l’autre ?

Il faut reconnaître que faire un thriller ayant Baudelaire comme thème central, il fallait y penser.
Niveau originalité, aucun souci, c’est du jamais vu. Et ça fonctionne.

Toutefois, si vous êtes du genre allergique à la moindre petite invraisemblance, autant le dire tout de suite, cette histoire risque de ne pas vous convenir.

Par contre, si vous avez envie de lire un thriller comme vous regarderiez un film, pour vous détendre et sans vous poser (trop) de questions, alors vous pouvez y aller, ce roman fait son job, et il le fait plutôt bien.

Les points forts sont sans conteste : le rythme soutenu, les nombreux rebondissements, l’originalité de l’idée, et le mélange des genres (que j’ai particulièrement appréciés), avec certaines scènes écrites comme au théâtre.

Son point faible : les incohérences, même si elle ne m’ont pas spécialement dérangée. Sauf le tout dernier rebondissement, que j’ai trouvé trop explosif à mon goût vu le décor où il se passe.

C’est donc un thriller à lire si vous aimez les lectures survitaminée, qui sortent de l’ordinaire, et qui ne se dévoilent vraiment qu’à la toute fin.

Après un premier titre qui était plutôt un huis clos, J.P. Delaney nous donne ici une nouvelle histoire à l’opposé de la première.

Un nouveau roman à découvrir, pour passer un bon moment et vous faire votre propre avis.

Miracle

Bakowski, Solène

Cosmopolis

19,95
9 décembre 2019

Roman uppercut.

Parés une lecture qui secoue ? Alors montez à bord du Miracle. Et accrochez-vous, parce que ça va méchamment chavirer.

Laure, 21 ans, souffre d’un cancer inopérable. Il ne lui reste que deux ans, peut-être trois. Cette fille de navigateur n’a plus alors qu’une idée en tête : traverser l’Atlantique en solitaire sur le voilier de son père.
Hélas, cela nécessite beaucoup d’argent.

Mais dans son malheur, Laure a la chance de découvrir le côté merveilleux d’internet : un post aura suffit pour que la Toile entière se retrouve derrière elle. À la soutenir. À se cotiser. À l’encenser.
À coups de hashtags, de tags, de cagnottes et de messages.
Et son rêve devient réalité.

Jusqu’à ce que cette réalité devienne un nouveau cauchemar...

Découpé en trois parties, ce roman vous transportera du rivage le plus clair de l’humanité jusqu’à l’extrémité de ses confins les plus sombres.

Première partie : Embarquement. La mer est calme. À l’horizon, Laure et l’annonce de sa maladie.
Les questionnements. Les regrets. Les espoirs.
Et, droit devant, un îlot superbe et débordant d’amour et d’entraide.
Oui mais.

Deuxième partie. Le temps se gâte. Les premières bourrasques arrivent.
La bonté couleur azur s’assombrit et se transforme.
Tempête de haine. Ouragan de cruauté.
Même attachés au mât ou cramponnés au bastingage, vous serez éclaboussés.
Les quelques accalmies sont trompeuses, simples prémices de vagues malveillantes plus hautes encore.
La compassion et l’empathie sont devenues férocité et jalousie.
Laure l’idole est maintenant foulée aux pieds.
Internet va lui faire payer cher chaque attention dont elle a bénéficié, à coups de posts débordants de venin.
La menace est partout, les monstres cachés derrière leur écran peuvent être n’importe qui.

Troisième partie. Le tsunami déferle. La folie et la fureur frappent de touts côtés.
Laure prend l’eau, tourbillonne dans ce torrent de fiel.
Remontera t-elle à la surface ?

Roman coup de poing, Miracle nous immerge dans l’horreur qu’internet peut faire subir.

Avec une plume qui nous taillade et des mots qui nous étreignent Solene Bakowski nous offre une histoire suffocante et addictive dont on se souviendra longtemps.

À lire impérativement !

La mort de Mrs Westaway
19,90
9 décembre 2019

Un thriller domestique typiquement britannique.

Avec « La Mort de Mrs Westaway », Ruth Ware nous propose une histoire de secrets de famille.

Harriet, la petite vingtaine, à repris le stand de lecture de tarots de sa mère après son décès brutal, et croule sous les dettes.
Mais la réception du courrier d’un notaire lui annonçant le décès de sa grand-mère et qu’elle fait partie des héritiers pourrait signifier la fin de ses soucis.
Sauf qu’il y a un petit couac : elle n’a jamais connu ses grands-parents, décédés avant sa naissance.

Alors que faire ? Maintenir l’erreur d’identité, ou renoncer à cette occasion de rembourser ce qu’elle doit ? Face à la peur des créanciers, son choix est rapidement arrêté.

Toutefois, dans cette grande et vieille demeure grinçante, entourée de ses trois « oncle », elle comprend très vite que le danger est partout.
Que cache cette famille ? Quels terribles secrets se camouflent derrière les sourires ? Et qui cherche à lui faire peur, quitte à la mettre en danger ?

À moins que ce ne soit son imagination qui s’emballe...

Avec ce roman, l’auteure nous offre donc un thriller domestique dans la pure tradition du genre : drames, secrets, mensonges, trahisons, sont quelques-uns des ressorts que l’on retrouve donc tout naturellement ici.

Les personnages sont un peu trop « froids » dans leurs actions et réactions pour être vraiment sympathiques, mais vu que nous doutons de tous jusqu’à la fin, ce n’est pas trop gênant.

J’ai particulièrement aimé deux choses dans ce titre :
- L’évolution sur deux temporalités, avec les chapitres qui dévoilent le journal intime de la mère de Harriet en 1994, et les autres qui mettent en place et déroulent les événements de nos jours.
- Et l’ambiance, très campagne anglaise, avec ce domaine qui fait froid dans le dos, la maison aux bruits inquiétants et autres recoins sombres, les pies et leur incessant piaillement...

Si l’histoire et son déroulement sont assez classiques dans le fond et la forme, les deux points précédemment cités en font une lecture agréable.

La fin (et plus surtout la teneur exacte du secret) m’a agréablement surprise.

Un roman à lire pour les amoureux de suspens domestique et d'ambiance marquée.

Nostalgie Friends, Un phénomène depuis 25 ans

Un phénomène depuis 25 ans

HarperCollins

9 décembre 2019

Retour sur la série phénomène.

Je fais clairement partie de la génération Friends. Ou plus exactement de l’une des générations Friends, puisqu’il y en a plusieurs. Ceux qui étaient adolescents quand les premiers épisodes ont commencé à déferler, ceux qui avaient la vingtaine, ceux qui avaient la trentaine et tous ceux qui sont arrivés bien après, mais qui ont découvert et adhéré à cette sitcom.
Et il y en aura encore d’autres, entre ceux qui la découvrent maintenant et les prochains...

Cet excellent livre de 350 pages édité par HarperCollins revient, à l’occasion des 25 ans de la série, sur ce qui a fait son succès, mais pas seulement.

Au fil des pages on apprend les débuts, les polémiques mais aussi les avancées que cette série, et certains de ses épisodes en particulier, ont apporté à l’histoire de la télévision.
Sans compter les innombrables anecdotes concernant des saisons, des passages ou des personnages.

Qui n’a pas eu son préféré dans la bande, entre Monica la maniaque, Chandler et son humour imparable, Phoebe et son grain de folie, Joey qui, à défaut de briller par son intelligence, déborde de gentillesse et de maladresse, Rachel aussi loyale qu’égocentrique, ou Ross, le passionné de dinosaures... et de mariages.

Certains dialogues sont devenus cultes, comme le célèbre « Oh. My. God ! », et certaines scènes sont inoubliables, comme celle de la fameuse dinde de Thanksgiving...

Pourquoi un tel succès ? Sûrement parce qu’il était agréable de rentrer du lycée, du travail ou des courses et de retrouver cette bande de doux dingues aux mimiques hilarantes, qui parlaient de tout sans se prendre au sérieux.

Cohabitation, amitié, galères professionnelles, phobies, sexualité, complexes, addictions, divorces, homosexualité, harcèlement, transexualité, deuil, naissance... À peu près tous les sujets possibles ont été abordés au cours des 10 saisons.

Bien sûr, chaque sujet n’était pas approfondi pendant des heures, mais Friends a eu le mérite de parler de tout, sans tabou, sans vulgarité, et sans parti pris.

Et, avant toute chose, depuis 25 ans Friends nous a permis et nous permet encore de rire et de s’évader, l’espace de quelques épisodes.

Un livre à offrir à tous les fans, sans aucune hésitation !