Annesophie B.

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chroniqueuse littéraire à temps complet.

Verity

Colleen Hoover

Hugo Roman

19,95
30 octobre 2020

Une vraie surprise.

Verity est un thriller qui cache bien son jeu.
Ne vous fiez ni à sa jolie couleur turquoise, ni à l’auteure, Colleen Hoover, connue jusqu’ici pour ses romans sentimentaux, ou encore à ses dix premières pages qui ne laissent pas présager ce qui va suivre et qui va vous scotcher à votre canapé.

Elle a décidé avec ce titre de s’essayer à un nouveau genre, et, pour ma part, j’espère qu’elle renouvellera souvent l’expérience !

Je ne m’attendais vraiment pas à ça, ou en tout cas, pas à un niveau pareil.
Si les thrillers de chez Hugo & Cie font toujours très bien leur job, celui-là a carrément dépasser mes espérances.

Nous sommes ici dans un thriller psychologique pur jus, en huis clos, avec des personnages tourmentés et des thèmes pour le moins difficiles.
Et ça marche, ça marche même diablement bien.

J’avoue avoir eu la chair de poule (au ses propre !) plus d’une fois, voire même la nausée, et ce malgré l’absence totale de scènes horrifiques, je vous rassure tout de suite.
Non, c’est bel et bien les sujets dont traite le roman, et surtout la façon dont l’auteure fait monter la tension crescendo, qui créent ce sentiment d’angoisse grandissant.

Alors, oui, certaines tournures, certaines petits passages, laissent peut-être entr’apercevoir la plume romantique de Miss Hoover. Mais derrière ça, l’ambiance est si glaçante, si parfaite, qu’on oublie très vite ces petits détails.

L’intrigue, les personnages, le déroulé, le rythme, et même la fin, j’ai tout aimé dans ce roman.
Non seulement il fait le boulot, mais en plus ils vous poussera à en redemander.

Un thriller qui pourra rassembler autant les accros du genre, en recherche de quelque chose de différent, que ceux qui débutent dans cette catégorie.

Donc si vous aimez les thrillers psychologiques bien fichus et que vous trouvez Verity, en faisant les courses, ou tous simplement sur un des nombreux sites de ventes de livres, puisque les libraires sont contraints à la fermeture, n’hésitez pas une seconde et procurez vous ce titre.

Un très bon roman, à dévorer pendant ce confinement, ou pour tout autre occasion !

La Fille du quai

Presse de la Cité

20,00
26 octobre 2020

Un bon thriller psycho-judiciaire.

Connaît-on jamais vraiment nos proches ?
Lorsque Olivia, avocate renommée, reçoit un appel lui annonçant que Jack se trouve au commissariat, accusé d’une fusillade qui a fait trois victimes, son premier réflexe est de le penser innocent.
Après tout, Jack a perdu sa propre femme dans une autre fusillade il y a quelques années, et jamais il ne pourrait faire une chose pareille.
Et surtout, ils ont été fiancés et elle le connaît assez pour savoir que cet homme est incapable de faire du mal.
Même si son alibi ressemble à une plaisanterie.
Même si Jack est un auteur reconnu, qui vit des histoires qu’il raconte.
Même si une des trois victimes se trouve être son pire ennemi.
Elle décide donc de tout faire pour le sortir de là.
Mais quand les preuves commencent à s’accumuler, et que certains aspects sombres de la personnalité de Jack commencent à émerger, Olivia commence à douter.

S’agit-il d’un terrible concours de circonstances, ou du plan le plus diabolique qui soit ?
Pour le savoir, elle va devoir questionner, chercher, enquêter, et surtout accepter de se poser les bonnes questions.

Alafair Burke propose avec « La Fille du Quai » un thriller psycho-judiciaire bien tourné et efficace.
On l’a sent à son aise avec cette intrigue, et pour cause, puisqu’elle a elle-même été procureur avant de devenir auteure.
Son roman précédent était bon, mais celui-ci est très clairement un grand au-dessus. Et si Un Couple Irréprochable est en cours d’adaptation, aucun doute que celui-là intéressera tout autant, si ce n’est plus, des producteurs.

Le rythme est celui d’un thriller judiciaire, lent sans jamais être mou, prenant sans être anxiogène.

Les thèmes abordés sont multiples et intéressants : les armes à feu, l’importance de la place des médias dans les affaires judiciaires, le syndrome de stress post traumatique, le deuil... Mais le tout est traité sans surenchères, que ce soit d’actions ou de sentimentalisme.

Les personnages sont peu nombreux mais tous différents, énigmatiques et faillibles. Humains, donc.

Quant à la trame, elle tient solidement, du début à la fin (qui en surprendra plus d’un).
Un bon thriller du genre, qui tient ses promesses.
À découvrir !

Des baisers parfum tabac
21,00
22 octobre 2020

Liens de sang.

Vaut-il mieux avoir la moitié d’un père, ou pas de père du tout ?
C’est probablement la question que Dana se pose le plus souvent.

Il faut dire qu’elle, elle a l’impression de ne même pas en avoir une moitié, de père.
Et pour cause : James est bigame.
Dans les faits, il est bigame. Mais sans l’être vraiment. Pas officiellement.

Et c’est bien tout le problème pour la petite Dana. Parce que si James a une femme et une fille légitime, du même âge qu’elle, Dana, elle, est un secret.
Aux yeux du monde, elle et sa mère Gwen n’existent pas dans la vie de James.

Alors avoir un père pour ne le voir qu’une fois par semaine et jamais en public, est-ce vraiment avoir un papa ?
Pourtant, Gwen lui répète, depuis qu’elle est toute petite, que ce sont elles les plus fortes, les mieux loties. Après tout, elles, elles savent que les autres existent, alors que l’inverse n’est pas vrai.
N’est-ce pas déjà un avantage ?

Si, enfant, Dana pouvait se contenter de ça, en grandissant cette vision simpliste ne la satisfait plus.
Pourquoi doit-elle toujours passer après sa sœur, pourquoi sa vie dépend elle toujours des desiderata de Chaurisse, alors que celle-ci ignore son existence ?
Alors, petit à petit, Dana va tenter d’avoir des réponses à toutes ses questions, quitte à franchir la ligne.
Quitte à faire basculer cet équilibre si fragile.

Des Baisers Parfum Tabac est un roman tout en humanité et en vérités, aussi difficiles soient-elles.
Avec ce roman, Tayari Jones nous décrit une vie, faite de questionnements et de ressentiments, une famille, complexe et parfois injuste, et une ville, Atlanta, à une époque où les afro-américains commencent à pouvoir vivre comme les autres, mais doivent quand même, par la force des choses, de rester entre eux.
Nous suivons l’évolution de chacun, avec tendresse et attention, mais aussi avec colère parfois.

Les liens du sang sont à ce point nécessaires que nous sommes parfois prêts à tout risquer pour les faire connaître au grand jour.
Parce que, même imparfaits, amputés de leur légitimité, ils sont pour certains tout ce qui les définit, il est souvent nécessaire de les nommer, officiellement.
Ou pas.
Un très beau roman, à découvrir, vite !

Ma sombre Vanessa

Russell, Kate Elizabeth

Les Escales

21,90
22 octobre 2020

Intelligent et nécessaire.

Qu’est-ce qu’une victime ?
La réponse semble simple : une personne qui subit un dommage, moral ou physique, sans son consentement.

Tout le monde s’accorde là dessus.
Mais, et les victimes qui refusent de se reconnaître comme telles ? Toutes celles qui se taisent et se raccrochent à l’idée que tant qu’elles ne se revendiquent pas victimes, elles ne le sont pas vraiment ?
Sont-elles plus, ou moins courageuses que celles qui parlent ?
Pendant très longtemps, on cachait les faits, par honte, par peur, parfois même par force.
Mais ceux qui imaginent que maintenant ce n’est plus le cas, et qu’une victime DOIT parler, pour son bien et celui des autres, parce que ce n’est plus « honteux » se trompent. Et lourdement.
Une victime ne l’est pas qu’aux yeux des autres, son propre regard compte aussi. Il compte même bien plus que le reste...
Parce que l’horreur, le choc, l’infamie, appelez ça comme vous voulez, c’est d’abord en elle qu’elle le ressent.
Et tout cela est bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Avec son roman, Ma Sombre Vanessa, Kate Elizabeth Russel pose à plat toutes ces nuances, toutes ces complexités, tous ces questionnements.
Elle nous les expose, nous les explique, nous les fait ressentir, à travers l’histoire de Vanessa.

En 2000, cette jeune élève, amoureuse des mots, des livres et des poèmes, va vivre l’enfer avec Strane en croyant atteindre le paradis.
Ou en tentant de s’en persuader autant que possible.
Alors, en 2017, lorsque Strane est accusé par d’autres jeunes femmes, comment peut-elle réagir ? Au mieux pour elle, pour les autres, pour lui ?

Avec l’alternance des chapitres, on suit à la fois la jeune élève qu’elle était et la jeune femme qu’elle est aujourd’hui, et on ressent jusque dans nos tripes la résonance et les conséquences de la première époque sur la seconde.

Les victimes sont comme les horreurs qu’elles subissent : multiples et différentes.
Il n’y a pas de « bonne » façon d’être une survivante, parce qu’il y a autant de manières de l’être que de personnes qui le sont...

Un roman sombre, beau et difficile, délicat et cru, doux et tourmenté, qui parlera à tous, victimes ou non.
À lire absolument.

Plus fort qu'elle
19,90
18 octobre 2020

Belle surprise.

Le nouveau roman de Jacques Expert est une belle réussite.
Dès les deux premières pages, la couleur est annoncée, on sait clairement où l’on va. Ça finira forcément mal.
Mais à quel point ?
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Ne vous attendez pas à aimer sincèrement les protagonistes, parce que ça ne se produira pas.
Bien sûr, certains sont plus à plaindre que d’autres, mais tous, à un moment ou a un autre, consciemment ou non, on fait un choix qui les a conduit là.
Et là, c’est loin, très loin, dans la noirceur de certains humains.
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On retrouve l’empreinte journalistique de l’auteur, celle qui parvient à nous offrir tout à la fois un excellent polar et un très Bon compte-rendu de fait divers.
Parce que dans cette histoire, rien n’est exceptionnel. Trois, c’est toujours un de trop, on le sait. On trouve même de quoi se le rappeler tous les jours dans les journaux...
Trois c’est un de trop. Oui mais...
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Parce que si l’histoire est on ne peut plus banale (au sens humain du terme), la façon de la présenter change tout.
Et là dessus, vous pouvez compter sur Jacques Expert pour vous le prouver !
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Qui manipule qui ?
Pourquoi ?
Jusqu’où peut-on aller par amour ?
À quel point celui-ci nous rend-il aveugle ?
Et surtout, qui paiera, à la fin ?
Cette dernière question on se la pose pendant toute la durée de la lecture. Elle nous obnubile, littéralement.
Au jeu du plus fin, les gagnants et les perdants ne sont pas toujours ceux que l’on croit, ou ceux que l’on veut.
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Avec des chapitres qui alternent entre différentes temporalités, et sont parsemés de retranscriptions d’interrogatoires, le rythme est très rapidement addictif.
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En s’attaquant à ce sujet, l’auteur aurait pu se louper. Combien de thrillers ont déjà traité de pervers narcissiques ? Beaucoup.
Certains l’ont très bien fait, d’autres moins.
Jacques Expert fait, ici et avec ce roman, partie de la première catégorie.
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Cette rentrée littéraire nous a offert de jolies découvertes, tous genres confondus. Et au niveau du polar, celui-ci se place en excellente position.
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Alors laissez-vous tenter, et n’hésitez à découvrir ce nouveau titre, qui tient toutes ses promesses.
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À lire, et à apprécier.