Vraiment dommage pour moi !
L’amour est totalement présent dans le dernier roman de Agnès Desarthe, L’éternel fiancé. Car, lorsque une déclaration d’amour a lieu à tout juste quatre ans, difficile de ne pas en garder un goût nostalgique tout au long de sa vie et un sentiment de ne jamais plus être à la hauteur de cette amour enfantin.
En effet, la narratrice se retrouve à l’école maternelle, haute comme trois pommes, confronter à recevoir un message d’amour d’un autre enfant, Étienne, à peu près du même âge, lors de la fête de l’école.
– « Je t’aime parce que tu as les yeux verts » lui dit-il,
– » Je ne t’aime pas. Parce que tu as les cheveux de travers » lui répond-elle.
En fait, elle regrettera toute sa vie cette réponse qu’elle aurait aimé ne pas avoir prononcé.
Et, voilà une vie racontée au fil du temps qui passe, interrompue par des rencontres avec Étienne sans qu’il ne se souvienne de ses propos. Comment apprécier le goût du quotidien lorsque plane sur sa tête cette immensité de tendresse qu’on a refusé ? La vie a-t-elle le même goût lorsque on se met ainsi d’emblée en réserve. Heureusement, comme un morceau de musique accompli par le groupe familial, il y a une harmonie à trouver.
C’est souvent assez drôle. Ainsi, le lecteur suit le temps qui passe et le récit d’une vie qui s’écoule entre hauts et bas naturels. Ça part dans tous les sens et je n’arrive pas à le raconter !
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Un récit de vie particulièrement émouvant !
Grégoire Delacourt convie avec L’enfant réparé à un voyage littéraire au pays d’un traumatisme si important que l’esprit en a effacé toute trace consciente. Il faudra une enquête pour écrire un roman pour que l’oubli se déchire petit à petit et révèle la souffrance. Il aura fallu presque toute une vie pour en reconnaître la réalité !
La soixantaine acquise, Grégoire Delacourt revient sur sa vie à l’occasion de la prochaine parution de Mon Père, publié en 2019 que je n’ai pas lu. Ce récit autobiographique présente le séisme produit lorsqu’un enfant est violenté par un prêtre. Lorsque un de ses lecteurs lui écrit qu’il faut avoir vécu une telle expérience pour la raconter aussi bien, quelque chose se révèle confus et trouble…
Au départ, rien dans ses souvenirs ne vient corroborer cette affirmation. Pourtant le malaise devient de plus en plus prégnant sans qu’il puisse en comprendre la cause. L’écran du souvenir va commencer à se fendiller. Il s’est souvent interrogé sur ce père si lointain, absent et dont il se souvient d’aucun geste de tendresse. Idem pour sa mère qu’il se rappelle fumant ses mentholés perdue dans le silence. D’ailleurs, ce couple l’a envoyé dès l’âge de cinq ans, en pension, en colos, en bref s’est débarrassé consciencieusement de lui ! Du moins, c’est ainsi qu’il l’a vécu et qu’il en a souffert tout au long de sa vie. Mais, l’écran du souvenir commence à affleurer !
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Deux voies, deux prénoms,
Nathacha Appanah montre dans son roman Rien ne t’appartient qu’on peut oublier jusqu’à son prénom et vivre sans recoller les tranches de sa vie. Mais, cela ne dure qu’un temps, pendant quinze ans dans ce roman. Après tout craque avec une violence difficile à canaliser, surtout si un événement important vient détruire le mensonge.
L’histoire
Tara se retrouve complétement déphasée après la mort de son mari, Emmanuel, plus âgé qu’elle. Son beau-fils doit venir la visiter alors qu’elle aimerait tellement rester auprès de ce garçon au corps dégingandé avec ses vêtements trop grands. Il faudrait qu’elle s’active, qu’elle range et qu’elle donne un coup de propre partout, mais le temps passe trop vite. Elle se noie dans ses pensées disparates. Le désordre a envahit cet espace qu’il y a peu était propre et plein de vie.
Nathacha Appanah commence par la fin, lorsque le présent est bouché, que l’univers s’écroule et que les forces quittent le corps, que la folie risque de s’installer ! Alors, pour la seconde partie, Natacha Appanah donne la parole à Vijaya. Elle est éduquée à l’occidental. Mais, les violences, les croyances ancestrales et le statut inférieur de la femme vont la transformer en « chien méchant » puis en « fille gâchée ».
Deux voies, deux prénoms,
Tara et Vijaya rendent compte de l’enfance, du deuil, de la mémoire et des conditions faites aux filles dans un pays corseté dans ses traditions d’un autre âge. Car, le père de Vijaya croyait à l’avenir de la liberté de conscience et de culte et le criait trop fort. Alors que sa mère, aux pouvoirs extraordinaires deux jours par mois, ne cessait de le mettre en garde ! Mais la danse Bharatanatyam qui habille de grelot ses chevilles ont fait croire à l’enfant que la séduction n’amène que regards et applaudissements.
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biographie romancée autour de cette artiste presque inconnue en France.
sous le ciel immense selon Georgia O’Keeffe a le mérite d’apporter une première approche simple mais néanmoins complète de l’artiste et de la femme que fût cette artiste hors pair. Une approche aisée pour rendre accessible l’art et notamment pour appréhender la rétrospective de Georgia O’Keeffe.
Coup de coeur !
Difficile de rendre compte en quelques lignes de ce roman si riche…
Car d’autres thèmes sont aussi abordés. Le grand traumatisme écouté mais rarement entendu par l’entourage. L’urgence de protection de la nature. Le poids des actes dont on ne peut se soulager. L’expérience de mort imminente. Etc.
Roman émouvant très bien construit, La femme oiseau décrit avec précisions quatre personnalités attachantes, différentes par la génération qu’elles représentent, mais soucieuses d’alléger leurs quotidiens. Isabelle Sorente crée presque un huit-clos où la nature est présente comme ressource mais aussi apaisement. Joli coup de cœur de cette rentrée !
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