Am Fred B.

Des jours d'une stupéfiante clarté
21 novembre 2019

Le chemin du retour

Comment retrouver le cours de sa vie d'avant ? Une fois libéré du camp numéro 8, le jeune Théo part à la recherche de ses parents et de soi-même. Dans cette parenthèse silencieuse, il cherche à survivre au rythme de son corps épuisé et fougueux, entre les les fantômes du passé et les brutalités d'un présent vidé de toute réponse. Un café, une soupe, un simple mot de gratitude, un coup de poing même deviennent les simples mots d'une humanité en lambeaux, le temps de se recoudre une autre vie.

Traité des gestes
8,70
13 novembre 2019

Profondément superficiel

Que révèlent nos corps ? Que cachent-ils aussi ? Dans une encyclopédie riante et vivante, l'auteur croque ses semblables en prince-dandy érudit. Les articles de son journal-dictionnaire s'animent en un théâtre de papier, où les mots dansent et peignent à la Saint-Simon des figures historiques et culturelles. Le corps fait l'homme, sa vérité et sa liberté aussi. Délicieux moments d'intelligence.

La Communauté
10 novembre 2019

Quitte ou double ! Le jeu tragique de l'intégration

Les deux journalistes politiques du Monde brossent un tableau vaste et saisissant d'une ville de banlieue sur un demi-siècle d'histoire. A travers le récit de réussites individuelles exceptionnelles, mais aussi de tragiques défaites, elles font de Trappes le symbole des grandeurs et des échecs de l'intégration républicaine à la française, du déclin industriel aux perversions du djihadisme. A lire plus que jamais pour affiner son regard sur des lieux et des individus confrontés à des choix qui les dépassent.

La Panthère des neiges
1 novembre 2019

Sylvain au Tibet

Cette fois, notre géographe aux semelles de vent suit quatre héros du silence sur les traces d'un monde caché. Il donne à l'aventure photographique la forme d'un somptueux tombeau de la beauté sauvage, dans une quête mystique des origines de la vie. Le poète-clown se fait jongleur immobile, peintre tragique de l'humaine condition, et nous offre avec une généreuse mélancolie le tableau baroque d'une Terre-Mère perdue. Éloge de la patience et de l'humilité.

CELEBRATIONS DE LA NATURE

Muir John

José Corti

22,00
21 octobre 2019

Glaciers, écureuils, séquoïas et moutons sauvages

John Muir fait partie de ces passionnés inclassables dont la vie et l’écriture continuent de nourrir nos esprits et nos sensibilités. Marcheur infatigable, botaniste érudit, écrivain lyrique et subtil, il a contribué à la création des parcs nationaux aux États-Unis, en particulier le Yosemite Park en Californie, qui fut son terrain de prédilection. Dans le dernier texte, John Muir se fait d’ailleurs offensif contre la cupidité humaine, qui détruit les forêts états-uniennes à vue d’œil.
Chacun de ces textes – articles, chapitres tirés d’ouvrages – est un bijou d’intelligence et de sensibilité, mêlées si intimement qu’elles procurent une grande joie de lecture. La géologie des canyons, la laine du mouton sauvage, l’écureuil de Douglas, les geysers, les séquoias, le cincle d’Amérique (cet oiseau étonnant qui ne quitte jamais les rivières) sont l’objet non seulement d’une précision remarquable, mais aussi d’une attention infinie ; on pourrait même parler de tendresse ou d’affection. Pourtant, les équipées incroyables de Muir ne sont pas de petites promenades : il escalade seul des sommets de 3000 ou 4000 mètres, dort sans couverture en plein blizzard, et ne doit parfois sa survie qu’à des hasards merveilleux. Mais le récit n’est jamais dramatique, Muir ne prend pas la pose avantageuse de l’aventurier : tout est simple et léger.
Ce qui ressort de ces textes, c’est l’incroyable poésie d’un regard ébloui sur le monde, et un enthousiasme communicatif. Le livre refermé, il nous tarde d’aller voir dehors, observer notre nature d’Europe de l’ouest, moins grandiose ; on se surprend alors à la considérer d’un œil différent, comme régénéré !

Frédéric