Actes Sud

22,00
par (Libraire)
22 mai 2021

Nature sauvage, amitié, thriller : triplé gagnant !

Vous aimez la nature et vous n’êtes jamais monté à bord d’un canoë ? Qu’à cela ne tienne, ouvrez le roman de Peter Heller,
« La Rivière », paru chez Actes Sud en ce mois de mai 2021, et laissez-vous emporter sur les flots de la Maskwa avec deux bons copains, Wynn et Jack. Ça va gîter fort, et question suspense, vous allez vite vous retrouver dans les eaux troubles d’un thriller !
Fanas de nature, de pêche à la mouche et de sport, les deux compères s’apprécient et se font mutuellement confiance; ils se sont connus au début de leurs études universitaires à Dartmouth et deviennent vite l’un pour l’autre plus qu’un ami, un frère. Ils sont liés par leur amour des grands espaces et de la vie en plein air mais également par celui de la lecture.
Ils décident de réaliser l’un de leurs vieux rêves, prendre une pause pendant leur année universitaire pour descendre en canoë pendant quelques semaines une rivière se jetant dans la baie d’Hudson, en prenant le temps de se poser pour pêcher et admirer la nature sauvage dans ce coin perdu du nord du Canada qu’ils ont choisi comme destination. Tous deux sont des gaillards habitués à des virées en montagne ou sur l’eau; ils ont bien préparé leur périple qui n'est pas des plus reposants car la rivière comporte des rapides difficiles à passer et ont déjà entamé leur descente de la rivière lorsqu’ils aperçoivent un feu de forêt au loin.
Ayant rencontré auparavant deux types, puis un couple, ils vont se sentir obligés de rebrousser chemin pour les avertir du danger croissant du feu qui semble progresser de plus en plus vite.
Le récit commence alors à perdre sa couleur de « nature writing » pour se transformer en roman à suspense…
Peter Heller a le don de nous faire partager son amour de la nature sauvage mais c’est aussi un conteur fabuleux qui sait tisser une histoire qui peu à peu va prendre un tout autre tour que celui attendu. Le danger qui va se concrétiser sous diverses formes va révéler chez chacun des deux amis une facette inconnue de leur personnalité avec laquelle le duo va devoir composer.
Les descriptions des paysages grandioses sont tout aussi réussies que la lente montée de la tension ou la finesse avec laquelle l’auteur étreint ses personnages. Un très beau roman et un très gros coup de coeur !

par (Libraire)
27 juillet 2020

Quand les auteurs passent de la fiction à la pratique, l'idée peut se révéler être très mauvaise.

Donald Westalke a été publié entre autres par les Éditions Rivages et on le trouve en poche dans la collection "noire" de cette excellente maison : écrivain prolifique (122 titres parus en anglais, on n'est pas au bout de la pile) avec de nombreux pseudonymes, mort malheureusement en 2008, il a été traduit entre autres par Manchette, ce qui d'emblée, vous pose l'auteur.
"Le contrat" ne fait pas partie de la série qui l'a rendu célèbre et dont le personnage principal est Dortmunder, voleur malchanceux entouré de bras cassés.
Deux personnages se répartissent ici les rôles principaux, tous deux écrivains mais avec un statut bien différent. L'un, Bryce Proctorr, est adulé par ses lecteurs et est devenu un auteur incontournable mais totalement en panne d'inspiration quand le roman démarre. L'autre, Wayne Prentice, un ancien camarade de lycée de Bryce, est un auteur qui a eu peu de succès, possède une imagination débordante mais n'arrive plus à se faire publier. L'analyse du monde de l'édition et de la façon dont se font et se défont les auteurs est intéressante et Westlake n'hésite pas à appuyer là où ça fait mal.
Les deux hommes vont se retrouver par hasard après s'être perdus de vue pendant 20 ans et vont fomenter un plan qui permettra à l'un de sauver sa réputation et à l'autre d'empocher un bon paquet d'argent. Mais le "contrat" de Bryce Proctorr, à l'origine du plan, comporte une clause tout à fait particulière: il souhaite que Wayne tue sa femme avec laquelle il est en train de divorcer et qui veut lui soutirer un maximum d'argent à présent et à venir... Proctorr en est tellement malade qu'il n'arrive plus ni à se concentrer ni à rédiger une seule ligne.
Si la cupidité, l'envie et l'absence totale de scrupules caractérisent nos deux coquins, ils ne sont pas les seuls à démontrer de telles qualités.
Le crime aura lieu mais tout cela va donner évidemment lieu à des conséquences inattendues...
Si la veine humoristique pratiquée par Westalke avec Dortmunder n'est pas perceptible ici, le suspense fonctionne et la fin est glaçante !

Des romans âpres, des personnages exceptionnels, des paysages plus que sauvages, des familles qui trinquent, une Amérique qui grince des dents et flanche sous le poids de sa misère...On aime et on en redemande!

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