Annesophie B.

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chroniqueuse littéraire à temps complet.

Les Refuges, Prix Cognac 2019 du meilleur roman francophone

Prix Cognac 2019 du meilleur roman francophone

Calmann-Lévy

19,90
9 décembre 2019

Le GRAND thriller psychologique de cette rentrée littéraire !

Coup de coeur phénoménal, Les Refuges, de Jérôme Loubry, vous emmènera très loin.

Si l'auteur n'en est qu'à son troisième roman, il franchit pourtant déjà, avec celui-ci, un cap qui sera difficile à concurrencer.

N'allez pas imaginer, à la lecture du synopsis, que c'est le genre d'histoires cent fois racontée, car vous vous méprendriez grandement.

J'ai moi-même commencé ce roman presque en dilettante, et j'ai rapidement compris mon erreur.
D'abord légèrement sonnée par la première surprise qu'il nous réserve, le rythme des gifles et des uppercuts s'est ensuite enchaîné à une allure telle que je suis restée, en refermant ce livre, deux bonnes heures assise sur mon canapé à ne rien faire d'autre que d'y penser et y repenser encore et encore.

Comment avais-je pu me faire avoir à ce point ? Ne rien voir venir ? Avoir pensé à tout sauf à ça ?

Tout simplement parce que Mr Loubry s'est donné le mal de construire une partie redoutable, dans laquelle il nous tient en échec durant 360 pages, avant de retourner complètement le plateau à la toute dernière.

Et c'est à la fois cruel et parfaitement délicieux.

J'ai été tour à tour stupéfiée et épatée, j'ai eu la chair de poule, et le souffle coupé.
Car si la fin est tout simplement remarquable, tous les chapitres qui nous y mènent ne le sont pas moins.

Et si Jerome Loubry installe au départ une ambiance sombre mais à la mécanique assez douce, c'est pour mieux nous tromper, et croyez-moi, à ce jeu là, il gagnera à de nombreuses reprises durant cette lecture.

Même en tentant d'imaginer tout est son contraire, chaque twist nous prend de cours. Mais surtout, chacun d'eux à ce côté fascinant qu'ont toujours les choses auxquelles on ne s'attend pas.

Ce thriller, véritable bombe atomique dans son genre, ne vous laissera pas une seconde de répit, et sa fin vous laissera sans voix.

C'est un roman que vous ne pourrez pas l'oublier, ni vous empêcher de le recommander à vos proches, pris entre la hâte de discuter avec eux du grand final et l'idée sadique, mais Ô combien satisfaisante, de voir leur réaction en le découvrant.

À lire, à dévorer, à conseiller, sans retenue aucune !

L'ACCIDENT DE L'A35
9 décembre 2019

Un polar tout en finesse et en férocité.

Un soir de novembre Bertrand Barthelme trouve la mort au volant de sa voiture. L’inspecteur Gorski, venu pour constater l’accident, se dit qu’aller annoncer la nouvelle à la famille du défunt sera très certainement l’aventure la plus palpitante qui lui sera donné de vivre ces derniers temps.

Car, croyez le ou non, mais dans la petite ville de Saint-Louis il ne se passe (presque) jamais rien.

Mais une fois devant la veuve, force est pour lui de constater 2 choses : la première étant que Mme Bartelme a une réaction pour le moins étonnante face à la mauvaise nouvelle qu’il vient lui annoncer.
Et la seconde, que la dite veuve est plus que séduisante.

Alors, puisque sa femme est partie et que Saint-Louis ne croule pas sous la criminalité, pourquoi ne pas faire plaisir à la jolie Lucette et essayer de savoir ce que son mari faisait sur cette route à un moment où il aurait dû se trouver en réunion ?

D’autant que Raymond, le fils Barthelme, semble lui aussi cacher des choses...

Graeme Macrae Burnet nous livre ici un polar dans la plus pure traduction du genre, avec pour décor une petite ville dont toutes les contradictions sont passées au microscope.

En plus de nous offrir une enquête à l’ancienne, avec calepins, filatures et appels depuis des cabines téléphoniques, il dissèque sous nos yeux, et pour notre plus grand plaisir, les mœurs des petites villes de province.
Et son coup de scalpel est absolument jubilatoire.

Mensonges, trahisons et petits secrets inavouables se partagent les pages pendant que les sourires de façade, l’excessive pondération et l’abus de faux-semblants nous sautent au visage.
Petites phrases assassines assénées par des gens de (presque) bonne éducation, et extrême mesquinerie cachée derrière les masques de convenances, relèvent encore un peu plus le menu dont l’auteur nous régale avec un style devenu bien trop rare.

Ce polar ne se lit pas pour son rythme, il se savoure pour sa justesse et son impertinence.

Si nous en avions déjà eu un bon aperçu avec La Disparition d’Adèle Bedeau, avec L’Accident de l’A35 il confirme son talent et imprime sa marque.

G. M. Burnet est décidément un auteur à suivre de près !

Le Baiser de l'Ogre

Elsa Roch

Éditions de l'épée

9 décembre 2019

Noir et poétique : un coup de coeur.

Ce troisième roman de l’auteure confirme donc son talent et son inimitable plume sous laquelle pudeur, beauté et délicatesse côtoient les instincts les plus sombres.

Une nuit, Amaury Marsac répond à un appel d’urgence de Lise, jeune membre de son équipe, et la rejoint sur une scène de crime.
Arrivé sur place deux surprises l’attendent : la première lorsque la jeune femme, grièvement blessée, lui demande de l’exfiltrer sans en parler au reste de l’équipe et la deuxième quand elle lui fait promettre d’aller lui-même veiller sur Liv, sa petite fille, dont ils ignoraient tous l’existence, et de la protéger d’une menace dont elle n’a pas le temps d’expliquer la nature.

Pourquoi Lise se trouvait-elle dans cet immeuble ? Quel est ce danger encouru par Liv et qu’il ressent jusqu’au plus profond de lui ? Et comment parvenir à gérer l’enquête de son équipe, tout en leur cachant le peu d’infos qu’il a en sa possession ?

Un roman sur l’enfance, la différence, les blessures et la résilience, vécue ou à venir.

Dès les premières pages le lecteur est plongé dans l’action, avec ce sentiment d’urgence qui ne se démentira à aucun moment durant cette lecture.

L’histoire est prenante à souhait, et c’est une véritable réussite, mais c’est loin d’être le seul point fort de ce roman, qui en a d’ailleurs pléthore.

Parmi eux, les personnages : attachants, complexes, voire contradictoires, donc humains au plus haut point.
Qu’ils soient doux, colériques, réservés, excentriques, réfléchis ou emportés, ils nous ressemblent tous, à un moment ou à un autre.

La trame, bien sûr. Ficelée, efficace et prenante, elle captive du début à la fin.

La plume, ensuite. Délicate, poétique même, dans les pages les plus sombres, elle entraîne et enchaîne le lecteur.
Les mots sont beaux, les phrases, sublimes.

Et pour finir, Liv. Ce petit bout, de douceur, de bonheur, de silence et d’amour, qui dégage tant de choses sans avoir à dire un seul mot…

Un polar brillant, un roman noir poétique et lumineux, qui parle d’ogres, de papillons, et nous rappelle ce que l’Homme peut faire de pire, mais également sur ce qu’il sait faire de mieux.

À lire sans hésiter !

L'Ombre de la menace
9 décembre 2019

Une très belle réussite !

Si j’ai commencé ce thriller parce qu’il présentait une histoire susceptible de m’intéresser, j’étais loin de me douter qu’il allait me plaire à ce point là !

La vie de Gina implose littéralement lorsqu’un simple accident révèle que son mari est un tueur en série.
Comme si cela ne suffisait pas, elle et ses enfants se retrouvent alors traqués comme des bêtes par tous les apprentis justiciers du pays.
Leur seule chance de s’en sortir est de fuir et se cacher.

Mais à l’heure d’internet et des réseaux sociaux, rester cacher parmi la foule relève la gageure.

On a là plusieurs sujets qui laissent présager une bonne intrigue : un tueur en série particulièrement tordu, une femme désespérée et prête à tout pour protéger ses enfants, les avantages et inconvénients de nos « merveilleux » outils de communication. Bref d’excellents ingrédients de thriller, possiblement capables de nous offrir de belles heures de lecture.

Et c’est ici parfaitement réussi.

Le rythme, déjà, est excellent. Dès la troisième page on est dans le vif du sujet. Pas de longue amorce inutile, ici ça claque dès le début. S’il ne demeure pas constant tout du long, c’est uniquement pour aménager des temps de « descente » afin de nous redonner un grand coup d’adrénaline dès le chapitre suivant.

Les personnages, ensuite. Là aussi, dès les premières pages, le ton est donné : vous ne pourrez vous fier à aucun des protagonistes. Vraiment aucun. Un choix risqué mais qui est parfaitement maîtrisé par l’auteure et nous tient en haleine de façon très efficace.

L’histoire, enfin. Si, comme dans tout thriller, il faut lui pardonner quelques menues invraisemblances, elle reste solide et nous ferre de la première à la dernière page.

La fin, à demie ouverte, clôture très bien le roman, apportant le bon nombre de questions aux questions du lecteur, tout en semant ce qu'il faut pour pouvoir faire une suite. Et ça tombe bien puisque c’est ce qui est prévu : elle devrait paraître l’année prochaine.

Rachel Caine signe là son premier thriller, et après l’avoir lu on a qu’une hâte : lire le prochain.

Bref, un pur thriller efficace et haletant que je recommande vivement à tous les amoureux du genre !

L'HERITAGE DAVENALL
9 décembre 2019

Encore du grand Goddard.

Avec L’Héritage Davenall, son nouveau bébé de plus de 700 pages, le roi du polar britannique nous offre une nouvelle fois un de ses grands romans rempli de mystères dont il a le secret.
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1871. James Davenall disparaît subitement après avoir écrit un mot qui laisse entendre qu’il va mettre fin à ses jours.
1882. Alors que Constance, l’ex fiancée de James, est devenue l’épouse de William Trenchard, ils reçoivent un soir la visite d’un individu se faisant appeler James Norton mais prétendant être en réalité le James Davenall disparu depuis 11 ans et dont on n’a jamais retrouvé le corps...
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Si le postulat de départ laisse supposer une lecture mystérieuse mais à la finalité forcément simple (il sera prouvé que l’homme en question est ou n’est pas James Davenall), Robert Goddard nous prouve une fois de plus qu’il n’en est rien et qu’il n’y a pas de petits sujets chez un grand auteur.
Car, dans cette histoire, rien n’est simple.
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Qui a tort, qui ment, qui cache quoi, à qui, pourquoi, ne sont que quelques-unes des très nombreuses questions dont cette histoire regorge, pour le plus grand plaisir du lecteur.
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Comme toujours avec cet auteur, on ne s’ennuie pas une seule minute durant ces 700 pages.
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Les personnages sont, comme à son habitude, complets et complexes à souhait. Si bien que, du début à la fin on ne sait à qui se fier.
Quant à l’ambiance, c’est encore et toujours un des grands points forts de Mr Goddard. Le bruit des calèches, le clair soleil de certains après-midi de campagne et l’humidité du brouillard londonien deviennent notre décor quotidien autant que celui des protagonistes.

Et nous nous laissons prendre avec délectation, les nombreux faux-semblants des uns et des autres.
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Un seul tout petit bémol (sur plus de 700 pages rappelons-le) porte sur l’une des toutes dernières révélations qui va pour moi trop loin dans la noirceur de l’humain. Mais ce n’est qu’un minuscule bémol au milieu d’un millier de ravissements.
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Donc, si vous aimez les mystères à rebondissements, les personnages forts, les ambiances palpables, et bien évidemment les plumes ensorcelantes, n’hésitez pas à vous perdre dans cet excellent nouveau polar !